VIDEO. Marseille: Que s'est-il passé rue d'Aubagne, où deux immeubles se sont effondrés?

FAITS DIVERS Deux immeubles se sont effondrés dans une rue d'Aubagne, rue populaire de Marseille…

Mathilde Ceilles avec J.S.-M.

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Des pompiers devant l'un des immeubles qui s'est effondré rue d'Aubagne
Des pompiers devant l'un des immeubles qui s'est effondré rue d'Aubagne — Gérard Julien / AFP
  • Ce lundi, deux immeubles se sont effondrés rue d'Aubagne, dans le premier arrondissement de Marseille.
  • Le bilan provisoire fait état de deux blessés légers.
  • 20 Minutes fait le point sur cet événement dramatique alors que les pompiers sont toujours à la recherche d'éventuelles victimes sous les décombres.

C’est un accident « gravissime » selon les termes du maire LR de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Ce lundi, dans la matinée, deux immeubles se sont effondrés rue d'Aubagne, dans le premier arrondissement de la cité phocéenne. 20 Minutes fait le point quelques heures après les faits.

Que s’est-il passé ?

Ce lundi, vers 9h10, deux immeubles se sont écroulés dans une rue du centre-ville de Marseille. Selon les déclarations de la maire LR de secteur, Sabine Bernasconi, à notre journaliste sur place, un premier immeuble, situé au 63 rue d’Aubagne, s’est effondré. Cet immeuble appartient à Marseille Habitat, le bailleur social de la ville. Selon un communiqué de la mairie, « il avait été muré et sécurisé afin d’en empêcher l’accès ». L’immeuble faisait en effet l’objet d’un arrêté de péril selon la mairie. Dans un article datant de 2016, Marsactu précisait que cet immeuble était au cœur d’un « plan d’éradication de l’habitat indigne », mais que la réhabilitation n’avait pas été achevée.

Le second immeuble, situé au 65, comporte neuf appartements habités. Il s’agit d’une copropriété privée selon la mairie. D’après cette même source, cet immeuble « avait fait l’objet, le 18 octobre dernier, d’une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants. »

Combien y a-t-il de victimes ?

A l’heure où ces lignes sont écrites, le bilan provisoire fait état de deux blessés légers. Il s’agit de deux passants. Toutefois, le nombre de personnes présentes dans les immeubles au moment du drame reste à déterminer. Pompiers et chiens spécialisés cherchent actuellement les éventuelles victimes sous les décombres.

Le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux a indiqué qu’il était « possible » que l’immeuble situé au 65 soit occupé par une « dizaine d’habitants ». Le préfet des Bouches-du-Rhône Pierre Dartout a, lui, affirmé « qu’il n’y avait personne à l’intérieur » de l’immeuble situé au 63 puisqu’il avait été « muré ».

Comment expliquer un tel accident ?

Les raisons restent pour l’heure à déterminer. D’après Samia Ghalia, sénatrice socialiste de Marseille, cet accident est « la conséquence du développement de l’habitat insalubre à Marseille ». Les deux immeubles se trouvaient en effet dans le quartier populaire de Noailles, dans le premier arrondissement de la cité phocéenne. Ce secteur du centre-ville est un quartier populaire près de la Canebière. Un récent article de La Marseillaise a fait état de « 48 % d’immeubles de ce quartier considérés comme du bâti indécent ou dégradé, dont 20 % en dégradation avancée, en procédure d’insalubrité ou de péril. » Un projet de requalification du quartier est en cours.

Dans un communiqué de presse, la mairie de Marseille avance une autre hypothèse : la pluie, abondante ces derniers jours, qui aurait pu fragiliser le bâtiment en raison d’éventuelles « infiltrations », selon une source municipale.

D’autres immeubles peuvent-ils s’effondrer ?

Les secours craignent que d’autres immeubles s’écroulent. « Comme la rue est en pente, le poids des gravats menace désormais un troisième immeuble », indique Sabine Bernasconi. « Ce que l’on craint plus que tout, c’est le sur-accident », abonde Julien Ruas, adjoint au maire délégué aux Marins-Pompiers de Marseille. Par précaution, les autorités ont évacué des dizaines de personnes habitant dans les immeubles voisins.

Où vont dormir les habitants de la rue d’Aubagne ?

La rue d’Aubagne reste pour l’heure interdite à la circulation. La mairie de secteur, située sur la Canebière, a ouvert un centre d’accueil à destination des habitants dans l’impossibilité de regagner leur logement. La municipalité les invite à s’y rendre afin qu’ils puissent bénéficier d’une solution de relogement.

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