«Appels à la purge» sur les réseaux sociaux: La mauvaise blague d’Halloween

FILM D'HORREUR Plusieurs messages appelant à commettre des violences, notamment contre les forces de l’ordre, circulent depuis ce week-end sur les réseaux sociaux…

Caroline Politi

— 

Les règles de la
Les règles de la — Capture d'écran Twitter
  • Des messages appellant à une nuit d'ultra-violence ont circulé sur les réseaux sociaux.
  • Un jeune homme a été interpellé. 
  • Même s'il s'agit d'un canular, les autorités restent sur le qui-vive.

S’habiller en noir « avec masque si possible », constituer une « équipe », mettre les femmes et les enfants à l’abri. Pour le reste, tous les coups, ou presque, sont permis. Ainsi pourraient se résumer les règles de la « purge ». Depuis ce week-end, des messages appelant à une nuit d’ultra-violence le soir d’Halloween à Corbeil-Essonne, en Seine-Saint-Denis, mais également à Grenoble ou dans l’Oise circulent sur les réseaux sociaux.

« Toutes les armes sont légale » (sic), « tous les vols sont autorisés », « brûlé tout se que vous voyez » (re-sic)… Si tous les messages ont pour point commun de maltraiter l’orthographe, certains se distinguent par une série de consignes, appellant notamment à viser les forces de l’ordre. A Corbeil-Essonne, les fonctionnaires doivent être attaqués au « mortier, feux dartifice, pétard, pierres ». Un message concernant la Seine-Saint-Denis indique que « chaque force de l’ordre que vous croiser devra automatiquement être mêlé ». Pour les passionnés de films d’horreur, le canular ne fait aucun doute tant la référence à American Nightmare est évidente. Le pitch : une nuit par an, les citoyens américains peuvent commettre crimes et délits pour libérer leurs pulsions violentes sans risque de poursuites pénales.

Plainte contre les auteurs des messages

La menace a pourtant été immédiatement prise au sérieux par les syndicats de police. Dès dimanche soir, Unité SGP Police a appelé le ministre à se saisir du dossier, demandant via un communiqué « une extrême sévérité de la justice » envers les auteurs. « Ces appels à s’en prendre aux forces de l’ordre ne doivent pas être pris à la légère. Même si cela part d’un canular, ils s’inscrivent dans un contexte particulier », précise Rocco Cotento, son secrétaire département. Le syndicat lie cet appel de Corbeil-Essonne à l'interdiction de tourner un clip de rap ce week-end dans la cité sensible des Tarterêts. 

« Appeler à la "purge" contre nos policiers, c’est appeler au meurtre. Et cela, je ne l’accepterai jamais. Une plainte a été déposée à mon initiative pour que ces comportements fassent l’objet de poursuites judiciaires », a réagi lundi après-midi le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, via son compte Twitter, précisant que l’auteur avait d’ores et déjà été identifié. Si le message le plus relayé est celui visant Corbeil-Essonne, un étudiant isérois a confessé sur Snapchat être à l’origine de ces règles. Son appel aurait ensuite été adapté et repris dans différents départements.

Se filmant face caméra, le jeune homme précise que tout cela n’était qu’une « blague », « une dinguerie » dont il n’imaginait pas les conséquences. « Tous ceux qui l’ont pris au sérieux, ne le faites pas, ce serait une énorme connerie », supplie-t-il, tout en relayant des photos de couteaux, de barres de fer ou de pistolets – dont on ignore s’ils sont factices ou non – pour montrer l’ampleur pris par cet appel. « Vous allez tuer des gens, vous pensez que vous êtes des bonhommes mais pas du tout. » Selon des sources policières, il a été interpellé en fin d’après-midi.

Une attention particulière le soir d’Halloween

« C’est peut-être un canular mais cela n’empêche pas qu’il y aura une vigilance particulière ce soir-là pour éviter tout débordement », précise une source policière. Ces dernières années, les soirées d’Halloween​ ont été marquées par des violences urbaines. Ainsi, l’an dernier, dans les Yvelines, une douzaine d’équipages de police et de pompiers ont été la cible de jets de projectiles, dont l’un au cocktail molotov, une dizaine de voitures ont été incendiées. Des scénarios similaires ont été constatés à Nantes, Toulouse ou Rennes. « On ne craint pas une nuit de tous les crimes, poursuit un autre fonctionnaire parisien, mais nous savons par expérience que ces soirées festives peuvent très rapidement dégénérer. »