Marseille: «Des parents regardaient la scène sans intervenir», un ado violemment frappé après s’être interposé dans une rixe

INFO «20 MINUTES» Ugo s’est fait violemment frapper par deux individus après avoir séparé deux collégiennes qui se battaient…

Adrien Max

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Une voiture de police à Marseille (illustration).
Une voiture de police à Marseille (illustration). — Amandine Rancoule / 20 Minutes
  • Ugo, un adolescent marseillais de 17 ans, est intervenu pour séparer deux collégiennes en train de se battre.
  • Juste après les avoir séparées, il s’est fait violemment frapper par un homme et une jeune femme.
  • Il souhaite que son histoire serve de leçon pour faire cesser ces violences.

Un sentiment d’injustice. C’est ainsi qu’Ugo vit cette épreuve. Vendredi, alors qu’il rentre du centre-ville de Marseille où il est en prépa, l’adolescent de 17 ans aperçoit une rixe à proximité du métro de la Fourragère. « Deux collégiennes de 12 ans à peine se bastonnaient au milieu d’autres collégiens. L’une était en sang. Des parents regardaient la scène sans intervenir, c’était déjà le troisième soir que je les voyais se battre », témoigne Ugo.

Alors que sa mère l’attend en voiture à la sortie du métro, le jeune homme décide d’intervenir.

Ça m’a vraiment mis les nerfs de voir les parents ne pas réagir. Du coup, je me suis mis entre les filles et je les ai séparées. Il y avait comme une émeute autour de moi, avec au moins 50 collégiens », se remémore-t-il.

Etranglement, coup de poing et coup de tête

Au moment de se dégager du groupe, Ugo est violemment frappé : « Un mec plus âgé est arrivé par-derrière et m’a étranglé avec mon t-shirt, puis je me suis pris un coup de poing dans la mâchoire par une fille. » Il s’éloigne tant bien que mal, mais l’homme le poursuit et lui assène un coup de tête juste avant que l’ado ne parvienne à monter dans la voiture de sa mère.

Enfin à l’abri dans l’habitacle, il appelle la police qui intervient en moins de dix minutes. « Mais malheureusement, tous les protagonistes étaient partis, il ne restait plus que des parents qui avaient été témoins. » Ugo est finalement pris en charge par les marins-pompiers qui le conduisent à l’hôpital, une interruption temporaire de travail (ITT) de sept jours lui est prononcée. « J’ai extrêmement mal dans les cervicales, je n’arrive plus à écrire et je ne peux pas rester assis très longtemps », décrit Ugo.

Il dépose immédiatement plainte au commissariat du 12e arrondissement, qui fait savoir à 20 Minutes que « les vidéos des caméras de surveillance de la RTM vont être exploitées ». Car des témoins ont repéré la fuite des deux agresseurs, l’homme en métro, la fille en bus.

Un message d’humanité

Ugo est soulagé, il avait le sentiment de ne pas avoir été entendu lors du dépôt initial de sa plainte. « Là, ils m’ont rassuré, un policier m’a laissé son numéro afin que je puisse l’appeler si jamais il se repassait le même problème », explique-t-il.

Il espère désormais que son histoire servira de leçon : « Ce sentiment de haine qui est en moi a du mal à se canaliser. J’aimerais qu’on puisse se servir de cette agression pour passer un message d’humanité. Il ne faut pas rester sans rien faire pour lutter contre ces violences. J’ai compris qu’agir seul était presque impossible, il faut que les gens interviennent à plusieurs pour faire cesser de tels actes. »