Strasbourg: Gardée à vue après avoir mal scanné des bocaux à Ikea, elle va «maintenant faire la queue»

CONSOMMATION Après avoir raconté sur Twitter sa mésaventure partie d’un mauvais scan à la caisse automatique d’Ikea et finie en garde à vue à Strasbourg, la jeune étudiante se confie à «20 Minutes»…

Propos recueillis par Bruno Poussard

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La jeune Strasbourgeoise avait mal scanné des bocaux et leurs couvercles avec son père à la caisse automatique du magasin Ikea à Strasbourg. Illustration
La jeune Strasbourgeoise avait mal scanné des bocaux et leurs couvercles avec son père à la caisse automatique du magasin Ikea à Strasbourg. Illustration — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Sur Twitter, une Strasbourgeoise a raconté comment elle et son père ont fini en garde à vue pour des bocaux mal scannés à la caisse libre-service.
  • Après avoir vu son histoire très partagée, l’étudiante de 21 ans se confie à 20 Minutes sur l’étendue de sa mésaventure terminée au commissariat.

L’histoire en a laissé plus d’un incrédule. Finement racontée dans un long thread dix jours après sur Twitter, elle a été partagée par plus de 35.000 personnes en un peu plus d’une journée. Le 1er octobre, Emilie, 21 ans, a donc été placée en garde à vue trois heures durant avec son père après avoir mal scanné quatre bocaux à une caisse en libre-service d' Ikea à Strasbourg.

Très sollicitée, l’étudiante alsacienne a accepté de confier son sentiment et de détailler son récit à 20 Minutes. A propos de l’intervention de l’agent de sécurité du magasin, par exemple : « Il devait nous regarder de loin pour voir si on bipait correctement ou non, ou alors il nous a contrôlés aléatoirement et il s’est rendu compte à ce moment-là de notre erreur. »

Choquée par l’enchaînement de l’ensemble des faits, de l’absence de réel dialogue avec le directeur du magasin à l’origine de l’appel à la police jusqu’à la garde à vue, avec prise de photo et d’ADN, en passant par le transfert vers le commissariat dans deux véhicules des forces de l’ordre, Emilie a pourtant hésité avant de les raconter sur Internet. Elle a pris le temps de se livrer.

Pourquoi avoir décidé de raconter publiquement votre mésaventure ?

J’ai beaucoup hésité car je voulais garder ça pour mon entourage et moi. Mais ma meilleure amie a vraiment insisté pour que je le raconte sur les réseaux car c’est quelque chose de scandaleux. Quand je lui ai raconté lundi ce qu’il s’est passé, elle pensait d’ailleurs que c’était une blague. Même mes collègues ne me croyaient pas au début !

Dans l’enchaînement des faits, lequel vous a le plus choqué ?

Ce qui m’a le plus marqué dans tout cela, c’est lorsque j’ai été en cellule. Car je ne m’attendais pas à en arriver là ! Surtout pas après avoir mal scanné des articles. Dans la salle, ça criait et tapait contre le plexiglas qui nous séparait des policiers… et sans s’arrêter. Donc impossible de dormir pour passer le temps.

Êtes-vous étonnée de l’écho qu’a eu votre récit ?

Effectivement, je suis surprise car je pensais que ça allait s’arrêter à quelques retweets. Je ne pensais pas que ça allait prendre une telle ampleur.

De quels types sont les retours que vous recevez via Twitter ?

Les retours sont principalement positifs et j’ai aussi reçu beaucoup de témoignages de parents qui ont vécu la même expérience !

Est-ce que Ikea a cherché à entrer en contact avec vous directement ?

Ikea ne s’est cependant pas excusé. Juste un tweet d’excuse, et c’est tout.

Avec le recul enfin, comment voyez-vous les caisses en libre-service ?

Je compte maintenant faire la queue, même 20 minutes s’il le faut, et passer en caisse normale, plutôt que de refaire la même erreur (rires).