Diffusion de vidéos d'un homme empalé: Pour le père de la victime, c'est «le voyeurisme le plus abject»

IMAGES CHOQUANTES Pour le père de l’homme décédé, la diffusion de ces vidéos « constitue une atteinte caractérisée à la dignité de la victime »…

20 Minutes avec AFP

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Des pompiers. (Illustration)
Des pompiers. (Illustration) — Clément Follain / 20 Minutes
  • Sur les réseaux sociaux, deux vidéos montrant l’agonie d’un homme empalé sur un poteau de trottoir puis sur une table d’hôpital ont été diffusées.
  • Une enquête de la police des polices et une enquête administrative interne à l’AP-HP ont été diligentées.
  • « Il est aujourd’hui souhaitable que les responsabilités pénales de ceux qui ont fabriqué, transporté et diffusé ces images violentes soient établies », annonce l’avocat du père de la victime.

Un père en colère. Après la diffusion sur les réseaux sociaux d'un homme empalé sur un poteau de trottoir à Paris, le père de la victime dénonce le voyeurisme « abject » de ces vidéos et l'« atteinte caractérisée à la dignité » de son fils, selon un communiqué transmis à l’AFP. « Le respect dû la dignité de la victime et à la douleur de ses proches doit aujourd’hui primer sur le sensationnalisme ou le voyeurisme le plus abject », annonce Tewfik Bouzenoune, l’avocat du père de cet homme.

La justice et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été saisies après la diffusion de deux vidéos. L’une a été tournée dans un hôpital de l'AP-HP où le patient a été amené par les pompiers. L’auteur de cette vidéo s’exclame en gloussant : « Oh misère ! Oh la vache ! Oh putain ! Ah ! Mais quelle horreur ! Quelle horreur », avant d’ajouter en ricanant : « C’est bon, il est sauvé, du coup ! ». Une enquête administrative interne va être diligentée par l’AP-HP afin notamment de « lever les doutes sur une éventuelle implication de (ses) agents ».

Une enquête pour « violation du secret professionnel »

L’autre vidéo montre un écran d’ordinateur de la Préfecture de police filmé avec un téléphone portable où l’on voit un corps tomber brutalement, puis rester figé en position assise au bord du trottoir d’une rue parisienne. Là, aussi, des voix commentent l’accident qui a causé la mort de la victime. Le parquet de Paris a confié le 3 octobre à l’IGPN une enquête pour « violation du secret professionnel ».

« La diffusion de ces images, particulièrement violentes et choquantes, constitue une atteinte caractérisée à la dignité de la victime, depuis décédée », déclare Me Tewfik Bouzenoune. « Il est aujourd’hui souhaitable que les responsabilités pénales de ceux qui ont fabriqué, transporté et diffusé ces images violentes (au sein de la Préfecture de police de Paris comme au sein de l’hôpital ou sur les réseaux sociaux) soient établies », poursuit l’avocat.