L'immeuble où a été trouvé l'ADN de Sophie Le Tan dans l'appartement du principal suspect.
L'immeuble où a été trouvé l'ADN de Sophie Le Tan dans l'appartement du principal suspect. — G. Varela / 20 Minutes

ENQUETE

VIDEO. Strasbourg: Le «profil compliqué» du principal suspect dans la disparition d'une étudiante

Le procureur a levé le voile sur l’homme suspecté de la disparition d’une étudiante de 20 ans venue visiter un logement à Schiltigheim (Bas-Rhin)…

  • Après la disparition d’une étudiante qui était partie visiter un logement le 7 septembre à Schiltigheim (Bas-Rhin), un suspect a été arrêté samedi.
  • Dans un premier point presse tenu ce mardi en fin de journée, la procureur de la République de Strasbourg a levé le voile sur son profil.

Les premières informations sur l’enquête ont fuité ce lundi. Au terme de deux jours de garde à vue, le principal suspect a été déféré au parquet dans la soirée puis mis en examen, comme l’a dévoilé peu après par communiqué le procureur de la République de Strasbourg. Avant de lever un peu plus voile sur son profil devant la presse ce mardi.

Huit jours après la disparition de Sophie Le Tan, étudiante de 20 ans partie visiter un appartement à Schiltigheim (Bas-Rhin) le 7 septembre, l’homme a donc été interpellé au volant de sa voiture par les policiers ce samedi. Âgé de bientôt 58 ans, il vivait seul dans cette même ville depuis plusieurs années, mais il fréquentait une femme.

Un suspect muré dans le silence depuis son arrestation

Selon le procureur Yolande Renzi, le quinquagénaire a choisi « de ne répondre à aucune question » des policiers et du juge d’instruction depuis son arrestation. Mis en examen des chefs d’assassinat avec préméditation, enlèvement et séquestration, il a pourtant vu les enquêteurs recueillir des indices « graves et concordants » ces derniers jours.

Dans le couloir de l'appartement du suspect principal après la disparition de Sophie Le Tan à Schiltigheim (Bas-Rhin).
Dans le couloir de l'appartement du suspect principal après la disparition de Sophie Le Tan à Schiltigheim (Bas-Rhin). - G. Varela / 20 Minutes

D’abord, deux femmes ont témoigné après l’avoir aussi contacté pour un logement à louer sur lequel il restait visiblement très flou, et qui n’ont pas été au rendez-vous. Lors de la perquisition à son domicile après son interpellation, des traces de sang ont ensuite été retrouvées malgré un nettoyage récent. Dont certains avec l’ADN de Sophie Le Tan.

« L’ensemble des auditions ont été faites en présence de psychologues de la PJ, précise Christophe Allain, de la direction régionale de la police judiciaire. Nous avons affaire à un profil compliqué, qui n’a manifestement pas envie d’aider les services de la justice. » L’homme devrait bientôt être de nouveau convoqué par le juge d’instruction en charge de l’affaire.

Un « gars discret », « costaud » et « pas aimable »

Rencontrées par 20 Minutes ce mardi, trois habitantes de son immeuble ont vu débarquer les enquêteurs de la police judiciaire après l’interpellation du suspect. Et leurs chiens « foncer vers la cave ». Avant d’observer les forces de l’ordre « tout fouiller », même les combles. Ensemble, elles confient leur peur de l’homme : « Ça fait un an qu’il est là, dans son petit appartement au 6e. Depuis, il y a des incivilités dans l’ascenseur. Comme une culotte ou un shorty retrouvés… Avec le recul, on se demande si ça a un rapport. »

Les trois femmes décrivent un « gars discret », « costaud », « avec des rangers aux pieds », qui « ne parle pas », et aussi « pas aimable ». Elles confient ensuite des instants de malaise en sa présence : « Il ne répondait jamais aux “Bonjour”'. Et dans l’ascenseur, il nous scannait [le regard de haut en bas], comme s’il avait peur des femmes. »

De lourds antécédents judiciaires, déjà

Le quinquagénaire écroué dans la foulée de sa mise en examen dispose de lourds antécédents judiciaires. Déjà, il a été condamné en appel à 15 ans de prison en 2003 pour deux faits de viol (commis en 1995 et 96 dans le Doubs et les Landes) par la cour d’assises de Côte-d’Or.

La police du Bas-Rhin a diffusé un appel à témoins ce mardi après la disparition inquiétante d'une jeune femme partie visiter un appartement quatre jours plus tôt.
La police du Bas-Rhin a diffusé un appel à témoins ce mardi après la disparition inquiétante d'une jeune femme partie visiter un appartement quatre jours plus tôt. - Capture d'écran / Compte Twitter Police 67.

Auparavant, il avait été acquitté en 2001 par les assises du Bas-Rhin après la disparition d’une femme survenue en 1987 dont la trace n’a jamais été retrouvée. Le procureur a enfin relancé l’appel à témoins. « Le fait qu’il soit sous les verrous peut amener d’autres personnes à se souvenir de détails, a conclu Yolande Renzi. L’instruction ne fait que commencer. »