Nantes: Insultés et frappés, ils le racontent sur Twitter pour montrer que «l'homophobie existe encore»

HOMOPHOBIE Un jeune homme de 22 ans et son compagnon rapportent avoir été l’objet d’une agression homophobe, dimanche matin à Nantes…

J.U.

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Le drapeau LGBT
Le drapeau LGBT — STR/NEWSCOM/SIPA
  • Victimes d’insultes et de coups, Jordan et Nicolas ont relayé leur histoire sur Twitter pour montrer que « le combat pour la tolérance n’est pas encore gagné ».
  • Les deux jeunes hommes ont passé la nuit de samedi à dimanche aux urgences. « Mon ami a reçu trois points de suture et a toujours l’œil très enflé. Il travaille dans un établissement scolaire. Il ne pourra sans doute pas faire sa rentrée », raconte Jordan.

Il se dit encore très « choqué » mais « ne baissera pas les bras ». Et les messages de soutien en réponse à son tweet, relayé près un millier de fois en 24h, lui « réchauffent un peu le cœur ». Dimanche, aux environ de 3h30, Jordan Allory a été victime d’un « acte homophobe », raconte-t-il sur les réseaux sociaux. Ce jeune Nantais de 22 ans se rendait dans une boîte de nuit, quartier Chantenay, quand l’agression a eu lieu non loin de là, sur un parking. L’étudiant, animateur local de La République en Marche à Saint-Herblain, était accompagné de son compagnon, Nicolas, et d’un ami.

« Deux hommes se sont approchés de nous pour nous proposer de la drogue. Nous avons refusé mais le ton est vite monté, raconte à 20 Minutes Jordan Allory. Nous avons été l’objet d’insultes homophobes : tarlouzes, sales PD… Quand j’ai demandé du respect, les coups sont tombés. J’ai reçu un coup de pied et mon ami, qui a tenté de s’interposer, s’est pris un coup de boule et s’est évanoui. Il saignait de l’arcade sourcilière. Ensuite, j’ai pris mon téléphone pour appeler la police. Une patrouille est arrivée très vite, mais les deux personnes étaient déjà parties. »

Points de suture

Jordan et son ami ont passé le reste de la nuit aux urgences. « J’avais très mal à la mâchoire, et j’ai plusieurs bleus sur le corps, raconte-t-il. Mon ami a reçu trois points de suture et a toujours l’œil très enflé. Il travaille dans un établissement scolaire. Il ne pourra sans doute pas faire sa rentrée. »

Les deux hommes ont prévu d’aller porter plainte, ce lundi après-midi. Et s’ils ont décidé de relayer leur agression sur les réseaux sociaux, c’est pour montrer que « même si la société est de plus en plus progressiste, ça existe encore. Et le combat pour la tolérance n’est pas encore gagné ». « Merci de parler haut et fort de la réalité de l’homophobie et de briser le silence », a écrit sur Twitter Joël Deumier, président de SOS Homophobie. Christophe Castaner, délégué général de La République en marche, a lui aussi réagi : « L’homophobie, avec sa part de violence et de haine, blesse voire tue encore. Dans le monde mais aussi en France. Jamais nous ne devons nous y habituer. ».