VIDEO. Harcèlement de rue: Le procès de l'agresseur présumé de Marie Laguerre renvoyé au 4 octobre

JUSTICE Le tribunal a demandé une expertise psychiatrique du prévenu qui a été placé en détention provisoire…

Caroline Politi

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Marie Laguerre, co fondatrice de Nous Toutes Harcèlement.
Marie Laguerre, co fondatrice de Nous Toutes Harcèlement. — Paul Blin Kernivinen/ 20 Minutes
  • En juillet dernier, Marie Laguerre a été agressée par un homme auquel elle a refusé les avances.
  • La scène a été filmée et publiée sur les réseaux sociaux.
  • L’homme, interpellé lundi, a été placé en détention provisoire.

C’est peut-être le seul point sur lequel s’accordaient les deux parties. Ce jeudi, Marie Laguerre, la jeune femme de 22 ans agressée cet été à Paris après avoir répondu à des remarques obcènes et son agresseur présumé, poursuivi pour «  agression sexuelle » et « violence aggravée », souhaitaient que le procès se tienne. Mais la présidente du tribunal en a décidé autrement : compte tenu du profil du prévenu ainsi que de ses antécédents judiciaires, la magistrate a demandé un renvoi de l’audience au 4 octobre afin qu’une expertise psychiatrique approfondie soit menée. En attendant, le jeune homme a été placé en détention provisoire.

Faris M. a été interpellé lundi après trois semaines passées dans un établissement psychiatrique. Pourtant, l’examen mené lors de sa garde à vue ne relève aucun trouble ni n’explique ce passage à l’hôpital. « Aucun élément dans le dossier ne permet de comprendre » ce placement, regrette la présidente. Le jeune homme, visage émacié, cheveux mi-long bouclés et courte barbe, assure qu’il s’agit en réalité d’une plaisanterie qui a mal tourné. Selon lui, après avoir été interpellé cet été pour une affaire sans importance, il aurait déclaré pendant sa garde à vue qu’il prenait des champignons hallucinogènes. Une blague comprise au premier degré et qui aurait entraîné son hospitalisation immédiate. « Trois semaines ? », s’étonne la magistrate.

« J’aurais pu lui donner une meilleure leçon de vie qu’avec une baffe »

L’expertise est d’autant plus importante, estime cette dernière, que Faris M. a déjà fait l’objet d’un suivi psychiatrique imposé par ses contrôles judiciaires. A 25 ans, son casier comporte huit condamnations. La première en 2012 alors qu’il est tout juste majeur pour outrage et rébellion, la dernière en janvier 2017 pour dégradation. Entre-temps, le jeune homme a été condamné à trois ans de prison pour des violences sur sa mère.

Si Faris M. a reconnu les faits en garde à vue, il a livré une autre version ce jeudi. Il s’est certes excusé d’avoir mis une gifle à l’étudiante de 22 ans mais a rejeté une partie de la responsabilité sur elle. « Quand elle est passée devant moi, je lui ai dit ‘le rouge te va super bien’. Elle m’a super mal répondu. Pourquoi tu me parles mal ? » l’a-t-il alors apostrophé. Puis de conclure : « Avec des mots, j’aurais pu lui donner une meilleure leçon de vie qu’avec une baffe. » « Je n’ai jamais entendu de compliments, ni les témoins d’ailleurs », a réagi la jeune femme à la sortie de l’audience, peinant à cacher sa déception de voir l’affaire reportée. « Je suis fatiguée, j’ai envie de passer à autre chose. »