Polynésie: Dix-huit mois de prison avec sursis pour un gendarme, auteur involontaire d’un coup de feu mortel

JUSTICE Le sous-officier intervenait avec l’un de ses collègues pour une rixe opposant un homme à l’amant de sa femme dans la commune de Paea à Tahiti…

20 Minutes avec AFP

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Un véhicule de gendarmerie (illustration).
Un véhicule de gendarmerie (illustration). — F. Lodi

Il avait causé la mort d’un jardinier de 37 ans. Un gendarme a été condamné mardi à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Papeete, en Polynésie française, pour avoir involontairement utilisé son arme de service au cours d’une opération.

Dans la nuit du 27 avril 2017, ce sous-officier intervenait avec l’un de ses collègues pour une rixe opposant un homme à l’amant de sa femme dans la commune de Paea à Tahiti. Le gendarme avait voulu saisir son pistolet à impulsion électrique pour maîtriser l’un des belligérants. Mais c’est son pistolet automatique qu’il avait dégainé pour faire feu, sans sommation.

« J’ai agi rapidement, trop rapidement »

Touchée au dos, la victime, un jardinier, père de famille de 37 ans, avait succombé à ses blessures peu après l’arrivée des secours. L’instruction a démontré que le militaire avait placé ses deux pistolets du même côté de son ceinturon, contrairement aux recommandations de la hiérarchie et au « bon sens ». Mais aussi que la situation ne présentait pas un danger particulier.

« J’ai agi rapidement, trop rapidement. J’ai eu un geste réflexe de prendre l’arme automatique », a expliqué à la barre le militaire qui a reconnu une « maladresse » mais réfuté toute « négligence ».

Pour le procureur de la République, Hervé Leroy, le gendarme a bien fait preuve « à plusieurs reprises de négligence, d’imprudence ». Ses réquisitions ont été suivies par le tribunal correctionnel, qui a prononcé une peine de 18 mois de prison avec sursis, assortie d’une interdiction du port d’arme pendant un an, mais sans inscription de la condamnation au casier judiciaire.

Une nouvelle audience en décembre pour déterminer les dommages et intérêts

La famille du défunt a manifesté sa colère à l’issue de procès. « Ils ne comprennent pas comment, avec une erreur grave commise, on en arrive à une peine d’emprisonnement avec sursis, sans inscription au casier judiciaire », a déclaré l’avocat de plusieurs des proches, Me Christophe Rousseau-Wiart. « J’ai le sentiment que la sanction prise n’est pas adaptée aux faits qui ont été commis ».

Une nouvelle audience en décembre déterminera les dommages et intérêts que le militaire devra verser à la famille de la victime.