Evasion de Redoine Faïd: Les explosifs trouvés dans sa voiture étaient factices

ENQUETE Les explosifs trouvés à bord de la voiture dans laquelle Redoine Faïd avait été repéré fin juillet à Sarcelles étaient factices…

Marie De Fournas

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Avis de recherche de Redoine Faïd, diffusé le 2 juillet.
Avis de recherche de Redoine Faïd, diffusé le 2 juillet. — AP/SIPA

Fin juillet à Sarcelles, dans le Val-d’Oise, le braqueur évadé Redoine Faïd était repéré dans une voiture. A l’intérieur de celle-ci, les enquêteurs avaient retrouvé des explosifs. Ce mercredi, des sources proches de l’enquête ont assuré à l’AFP que ces explosifs étaient factices.

Le braqueur de 46 ans, qui s'est évadé par hélicoptère d’une prison de Seine-et-Marne le 1er juillet, avait été reconnu le 24 juillet sur des images de vidéosurveillance : il venait d’échapper à un contrôle de gendarmerie et d’abandonner dans sa fuite une voiture dans le parking souterrain d’un centre commercial de Sarcelles.

Des pains de plastic

Les analyses ADN ont depuis permis d’identifier formellement Redoine Faïd et son frère aîné Rachid comme étant les occupants de la voiture, selon l’une de ces sources. Des fausses plaques d’immatriculation et des pains de plastic avaient été découverts dans le véhicule. Ces derniers étaient factices, ont indiqué à l’AFP les sources proches de l’enquête, précisant que leurs amorces étaient réelles en revanche.

« Habitué à la cavale », Redoine Faïd est présenté par la police comme un « individu dangereux ». Il a été condamné en avril à 25 ans de prison pour son rôle d'« organisateur » d’un braquage raté en 2010, qui a coûté la vie à une policière municipale.

Une centaine de policiers mobilisés

Depuis son évasion spectaculaire, une centaine de policiers spécialisés de la police judiciaire se concentrent sur la traque de ce multirécidiviste, qui s’était déjà échappé de la prison de Lille-Sequedin en 2013 avant d’être repris, six semaines plus tard.

Le 1er juillet, en quelques minutes, il s’était évadé avec l’aide d’un commando armé qui avait auparavant pris en otage un pilote d'hélicoptère. Deux hommes portant cagoules et brassards de police, équipés de fusils d’assaut de type kalachnikov et de disqueuses, avaient sauté de l’appareil qui survolait la cour d’honneur du centre pénitentiaire de Réau, près de Melun. Après avoir scié plusieurs portes et lâché des fumigènes, ils avaient récupéré Faïd qui se trouvait alors au parloir avec un autre de ses frères.

« Failles de sécurité »

Le 30 juillet, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait estimé que ce « commando paramilitaire » avait tiré profit de «failles de sécurité» : absence de filins anti-hélicoptère dans la cour d’honneur, « problème » sur le dispositif d’appel d’urgence des forces de l’ordre. Elle avait aussi pointé que l’administration pénitentiaire avait été « insuffisamment réactive » alors que le transfert de Redoine Faïd avait été demandé en raison d’une « menace sérieuse [de] passage à l’acte ».

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