Paris: Le policier soupçonné de violence au sein du nouveau tribunal comparaîtra en janvier

VIOLENCE Le prévenu qui l’accuse de l’avoir passé à tabac comparaîtra également pour des faits de violence à l’encontre du policier le jour même…

Caroline Politi

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Mohamed F. affirme avoir été passé à tabac pendant la suspension d'audience.
Mohamed F. affirme avoir été passé à tabac pendant la suspension d'audience. — Twitter/conférence du barreau

Les faits seront jugés à l’endroit même où ils se sont produits. Selon nos informations, le policier soupçonné de violence à l’encontre d’un prévenu au sein même du nouveau palais de justice de Paris est convoqué en janvier devant le tribunal correctionnel. Il répondra du chef de «  violence par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une incapacité de travail inférieure à 8 jours », précise le parquet. Dans l’attente de cette audience, il a été placé sous contrôle judiciaire et a notamment interdiction d’exercer au sein du dépôt du palais de justice.

Les deux hommes s’accusant mutuellement, Mohamed F. s’est également vu remettre une convocation à comparaître à la même audience des chefs de « violence sans incapacité sur personne dépositaire de l’autorité publique ».

Les violences auraient eu lieu dans les toilettes du palais de justice

Les faits dénoncés se sont produits lundi en fin d'après-midi, en marge d’une audience de comparution immédiate, dans un « satellite d’attente », une salle attenante à celle de l’audience où patientent les prévenus détenus avant leur procès.

Ce jour-là, Mohamed F. devait être jugé pour des faits de vols en réunion. « Il y a une suspension d’audience le temps que le tribunal rende un délibéré dans une autre affaire, mon client devait être jugé juste après, explique l’un de ses avocats, Matthieu Juglar. Au bout de quelques minutes, on a entendu que ça s’agitait un peu à côté, ça criait, on sentait que l’atmosphère n’était pas sereine. » Lorsqu’il réapparaît dans le box, le prévenu a des ecchymoses au visage, l’arcade sourcilière ouverte et des traces de sang sur son tee-shirt.

Violences commises dans les toilettes

Selon son récit, tel qu’il est consigné dans sa plainte, le ton serait rapidement monté avec un gardien de la paix dans le « satellite d’attente » mais les violences auraient eu lieu dans les toilettes où aucune caméra de vidéosurveillance n’est installée. Le prévenu affirme que le fonctionnaire a mis des gants, puis l’a frappé à quatre ou cinq reprises. Une version des faits dont se défend le gardien de la paix, qui affirme avoir été pris à partie par Mohamed F, raison pour laquelle il a également déposé plainte.