Côte-d'Or: Une femme de 35 ans vivait avec un ver dans les vertèbres

SANTE Elle souffrait d'hydatidose, une maladie rare provoquée par l’ingestion accidentelle d’œufs de parasite…

H. B.

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Les urgences d'un hôpital (Illustration)
Les urgences d'un hôpital (Illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES

C’est un cas extrêmement rare. Une jeune femme de 35 ans qui souffrait d’une hydatidose, une maladie provoquée par l’ingestion accidentelle d’œufs de parasite, a été opérée avec succès à Dijon (Côte-d’Or), rapporte The New England Journal of Medecine. Un ver plat (ténia) s’était logé dans une de ses vertèbres et comprimait sa moelle épinière.

La jeune femme avait été admise aux urgences à l’automne dernier en Côte-d’Or, après d’intenses douleurs au dos, a expliqué le chef du département d’infectiologie du CHU de Dijon dans un article publié par la revue britannique. Elle ressentait des « chocs électriques » dans les jambes et avait du mal à monter à cheval depuis près de trois mois.

« Elle risquait une tétraplégie »

À la suite de plusieurs examens, les médecins se sont rendu compte que la patiente abritait, dans la 9e vertèbre de son dos… un ténia. Une maladie rare provoquée par l’ingestion accidentelle d’œufs de parasite, soit au contact d’animaux (chiens, bétail…), soit en ingérant des aliments souillés par des déjections. Une fois ingérés, ces œufs se transforment en un ver plat.

La larve qui a infecté la patiente s’est déplacée dans son corps, via les vaisseaux sanguins. Le ténia a fini par se loger à un endroit extrêmement rare, la 9e vertèbre de son dos. « Le parasite s’est trompé de chemin… Le ver commençait à titiller la moëlle épinière, c’est pour cela qu’elle ressentait ces douleurs. Si rien n’avait été fait, elle risquait probablement une tétraplégie », a expliqué le chef du département d’infectiologie du CHU de Dijon.

Une maladie répandue dans les régions tropicales

La jeune femme a subi une opération complexe. Neuf mois après, la patiente ne présente pas de séquelles. Heureusement, aucun autre ver ne s’était installé dans son corps.

Cette maladie, répandue dans les régions tropicales, est très rare en France. « C’est une maladie qui existe en France, que l’on connaît, que l’on traite. La plupart du temps, ce sont des personnes originaires des zones endémiques, à l’étranger, qui sont touchées. Les gens n’ont pas à s’inquiéter », a expliqué le professeur Lionel Piroth à Ouest-France.