VIDEO. Jeune homme tué à Nantes: La famille de la victime va se constituer partie civile

JUSTICE « A ce stade, on n’a eu accès à aucun élément du dossier. On est complètement spectateurs du discours des uns et des autres », a indiqué l'avocat de la famille...

H. B. avec AFP

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Le drame a eu lieu rue des Plantes, quartier du Breil à Nantes / AFP PHOTO / Damien MEYER
Le drame a eu lieu rue des Plantes, quartier du Breil à Nantes / AFP PHOTO / Damien MEYER — AFP

« Ils ont un souci de connaître la vérité ». La famille du jeune homme tué par un CRS lors d’un contrôle à Nantes va se constituer partie civile, a annoncé ce samedi son avocat, après la mise en examen du policier et une nouvelle nuit de tensions dans la nuit de vendredi à samedi.

« La famille se constituera partie civile dès lundi », a déclaré Loïc Bourgeois, qui représente la mère et la sœur d’Aboubakar Fofana, 22 ans, originaire de Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). « La famille est dans une période un peu compliquée. A ce stade, on n’a eu accès à aucun élément du dossier. On est complètement spectateurs du discours des uns et des autres », a-t-il ajouté.

Quatre nuits consécutives de violences urbaines

La mort du jeune homme a provoqué quatre nuits consécutives de violences urbaines dans les quartiers « sensibles » de Nantes. Émaillée de feux de voitures, la nuit de vendredi à samedi a cependant été plus calme que les précédentes, selon la police. On dénombre ainsi 35 véhicules incendiés sur toute l’agglomération, notamment à Saint-Herblain, Orvault, Rezé et dans les quartiers nantais du Breil et de Bellevue.

Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de cocktails Molotov au Breil et à Bellevue et ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. Un début d’incendie a touché un bâtiment du bailleur social Nantes Habitat dans le quartier du Breil. Les forces de l’ordre ont levé leur dispositif vers 4h30 du matin.

Le policier a reconnu « un tir accidentel »

En garde à vue, le policier a reconnu avoir menti lors de sa première audition libre, durant laquelle il avait invoqué la légitime défense. Il affirme désormais avoir tiré « par accident » sur le jeune homme de 22 ans, originaire de Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Il a été mis en examen vendredi soir et placé sous contrôle judiciaire.

« Est-ce que c’était de la légitime défense ou des violences volontaires ? Ce n’est pas anodin. La famille aurait pu être informée », a souligné Me Bourgeois. « Depuis le début, la famille a été informée de ce qui s’est passé par le biais des médias. C’est assez douloureux pour eux de ne pas avoir la primauté des informations. »