Jeune tué à Nantes: «Attention à ne pas faire d'amalgame», réagissent les syndicats de police

VIOLENCES URBAINES Le CRS auteur du coup de feu mortel mardi soir a avoué avoir menti et parle d'un « accident »...

Frédéric Brenon

— 

Des policiers dans le quartier du Breil à Nantes
Des policiers dans le quartier du Breil à Nantes — S. Salom Gomis/ AFP
  • Le policier mis en cause dans la mort du jeune de 22 ans, mardi soir au Breil, a avoué avoir menti sur le déroulé des faits.
  • Les syndicats de police souhaitent désormais que « la justice fasse son œuvre » et appellent au calme.

Le policier auteur du coup de mortel sur un jeune homme, mardi soir, quartier Breil-Malville à Nantes, devrait être mis en examen ces prochaines heures, selon son avocat. Le fonctionnaire a en effet avoué avoir menti en déclarant avoir fait usage de son arme en situation de légitime défense. Il évoque désormais un « tir accidentel ». Qu’en pense la profession ?

« C’est terrible, on est évidemment surpris qu’il ait changé de version, confie Laurent Le Tallec, délégué départemental d’Unsa Police. Il était en état de sidération, humainement ça peut se comprendre comme ça. » Pour le syndicat Unité SGP Police, le mensonge du CRS s’explique par le fait que « tous les policiers connaissent parfaitement les conséquences terribles de l’usage d’arme à feu ». « Que ce soit un accident ou de la légitime défense, c’est une machine à broyer qui se met en route, souvent la fin de carrière professionnelle. A tel point que beaucoup préfèrent ne pas tirer quitte à se mettre en danger », justifie Philippe Boussion, secrétaire régional Pays de la Loire d’Unité SGP.

Pourquoi les collègues de l’auteur du coup de feu n’ont-ils pas démenti sa version initiale ? « Je ne sais pas, par solidarité sans doute. Tout le monde était sous le choc. »

« S’il n’avait pas refusé d’obtempérer, on n’en serait pas là »

Les syndicats tiennent aussi à rappeler le « contexte particulier » qui a précédé le drame. « C’était un contrôle de police dans un quartier compliqué. La voiture était surveillée, le jeune homme donne une fausse identité puis refuse d’obtempérer. S’il avait répondu aux injonctions des policiers, on n’en serait pas là », estime Philippe Boussion. « Les CRS, ce sont les pompiers de la police, ils n’interviennent que dans des conditions difficiles », complète Laurent Le Tallec.

Les deux représentants syndicaux souhaitent désormais que « la justice fasse son œuvre » et appellent au calme. « J’espère que la manifestation de la vérité va apaiser les tensions », commente Philippe Boussion. « Attention à ne pas faire d’amalgame, insiste Laurent Le Tallec. Ce qui est arrivé est terrible pour l’image de la police mais c’est un accident malheureux. On ne se lève pas le matin en se disant que si ça dégénère on va tirer. On est là pour protéger les gens. »

>> A lire aussi : Lycée, école, station-service, bar PMU... Le bilan des dégâts s'alourdit à Nantes