Jeune homme tué à Nantes: Le policier qui a ouvert le feu a été placé en garde à vue

VIOLENCES URBAINES Le fonctionnaire est suspecté de « violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique sans intention de la donner »...

Frédéric Brenon

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La voiture de la victime s'est encastrée dans ce mur de la rue des Plantes.
La voiture de la victime s'est encastrée dans ce mur de la rue des Plantes. — F. Brenon/ 20 Minutes
  • Le policier a mortellement touché un jeune homme alors que celui-ci tentait de prendre la fuite au volant d’une voiture.
  • Il a été placé en garde à vue ce jeudi midi par la « police des polices ».
  • La police nationale avait déclaré après le drame qu’il avait agi en état de légitime défense.

Au surlendemain du décès d'un jeune homme de 22 ans à l’issue d’un contrôle de police, quartier Breil-Malville à Nantes, le procureur de la République de Nantes annonce que le policier qui a fait usage de son arme de service a été placé en garde à vue ce jeudi midi par l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Motif : « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

La mesure de garde à vue, qui ne débouche pas forcément sur une poursuite pénale, permet aux enquêteurs d’interroger le suspect et de vérifier la véracité de ses déclarations. « Ce n’est qu’à l’issue de cette mesure de garde à vue que le procureur de la République de Nantes sera en mesure de faire connaître sa décision sur les suites à réserver à cette affaire », complète le parquet de Nantes.

Légitime défense ou non ?

Le policier placé en garde à vue serait un fonctionnaire âgé de 50 ans ayant le grade de brigadier-chef de la compagnie de CRS de Bergerac, selon une source syndicale citée par France Bleu. Il n’aurait eu au cours de sa carrière « aucun souci particulier », selon cette même source.

Quelques heures après le drame, la police nationale assurait que le policier avait tiré en état de légitime défense et qu’un autre fonctionnaire avait été blessé, percuté par la voiture que conduisait le jeune homme en marche arrière alors qu’il tentait de prendre la fuite. Une version contestée par des habitants du quartier qui affirment avoir assisté à la scène. Ceux-ci rapportent que le tireur avait ouvert le feu sans sommation et qu’aucun policier n’avait été heurté par le véhicule de la victime.

Deux jours de colère dans les quartiers de Nantes

Le jeune homme décédé, prénommé Aboubakar, originaire du Val d'Oise mais installé depuis quelques mois à Nantes, faisait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis juin 2017 pour des faits de vols en bande organisée et recel d’association de malfaiteurs. Il avait décliné une fausse identité au moment de son contrôle de police, mardi soir, vers 20h30, selon le procureur.

Sa mort a entraîné une vague de colère et de dégradations dans plusieurs quartiers populaires nantais. Une dizaine de bâtiments publics, des commerces mais aussi plusieurs dizaines de véhicules ont été incendiés depuis mardi soir. Des tags « bavure » et « la police tue » ont été inscrits sur les lieux du drame, quartier du Breil.

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