Numéros surtaxés: Quatre personnes mises en examen dans une affaire d’escroquerie à 38 millions d'euros

ALLO Le business de Viva Multimedia était extrêmement lucratif et rapportait plus de 500.000 euros par an aux quatre collaborateurs mis en examen…

Rachel Garrat-Valcarcel

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Une jeune femme utilisant son téléphone portable
Une jeune femme utilisant son téléphone portable — SERGE POUZET/SIPA

Vous avez probablement déjà reçu ces coups de téléphone ou SMS d’un numéro bizarre. Numéro que vous avez quand même rappelé. Et quand ça répond – pas toujours – c’est une pub, voire une arnaque, qui va vous coûter, le plus souvent, quelques centimes ou quelques euros. Quatre salariés d’une petite entreprise de téléphonie, accusés d’avoir organisé ce type d’arnaque au numéro surtaxé, viennent d’être mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » et « blanchiment », a appris Le Parisien.

Viva Multimédia, la société en question, faisait office d’intermédiaire pour les sociétés (souvent basées à l’étranger) qui exploitent ce genre de numéros frauduleux. Viva Multimedia fournissait les fameux numéros. Et c’est visiblement un commerce très lucratif : les quatre mis en examen émargeaient à plus de 500.000 euros de revenus par an chacun. Plus de 700.000 même pour le patron. C’est la répétition des petites arnaques qui fonctionne. D’après les estimations des enquêteurs, rapportées par Le Parisien, « les gains frauduleusement acquis par cette PME sont estimés à 38 millions d’euros ».

Enquête pas terminée

Quand les services de police commencent à s’intéresser à l’entreprise, le patron explique qu’il n’est pas responsable de l’utilisation que font ses clients des numéros qu’il fournit. Les investigations montreront qu’il était en fait très impliqué. Après une première perquisition en septembre 2007, dans les locaux de l’entreprise dans le 12e arrondissement de Paris, le patron de Viva Multimedia prend peur. Ainsi, il annule tous ses contrats avec des partenaires frauduleux et son chiffre d’affaires passe brusquement de 1,5 million à 150.00 euros.

Cela ne passe pas inaperçu et les collaborateurs de l’entreprise sont placés en garde à vue fin mai avant d’être, donc, mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Mais l’enquête n’est pas terminée, précise Le Parisien. Les enquêteurs espèrent bien remonter plus loin encore.