Dégradation de tombes dans le Loiret: Les médias en ont bien parlé

FAKE OFF 30 tombes ont été dégradées dans le Loiret fin juin. Et les médias, locaux comme nationaux, en ont bien parlé, contrairement aux affirmations du site « La Gauche m'a tuer »... 

Alexis Orsini

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La publication Facebook  appelant à partager « massivement » cette fausse information sur un prétendu silence médiatique.
La publication Facebook appelant à partager « massivement » cette fausse information sur un prétendu silence médiatique. — Capture d'écran
  • 30 tombes du cimetière de Marigny-les-Usages, près d'Orléans (Loiret), ont subi des dégradations entre le 21 et le 22 juin.
  • Le fait divers a été relayé par de nombreux médias locaux comme nationaux, de La République du Centre à RTL. 
  • Le 29 juin, le site « La Gauche m'a tuer » s'indignait pourtant contre le prétendu silence des médias.

A priori, la question, mise en ligne le 29 juin, semble ouverte, mais elle se révèle rhétorique : « Etes-vous choqué qu’aucun média ne parle des 30 tombes chrétiennes profanées dans le Loiret ? »

Sous la forme d’un sondage aux réponses limitées (« oui », « non »), le site d’opinion proche de l’extrême droite « La Gauche m’a tuer » tente d'indigner ses lecteurs au sujet de la dégradation de 30 tombes sur les près de 200 sépultures présentes dans le cimetière de Marigny-les-Usages, près d’Orléans (Loiret)

FAKE OFF

De nombreux médias ont pourtant bien parlé de ce fait divers, survenu une semaine plus tôt. Le Parisien, Franceinfo, RTL, La République du Centre... Au total, sur la compilation réalisée par Google Actualités, on dénombre ainsi au moins seize médias ayant consacré un article à cette information, qui est donc loin d'être passée sous silence.

Les auteurs présumés de la dégradation – quatre enfants de 7 à 9 ans – ont en outre rapidement été entendus par la gendarmerie, ce qui explique que l’actualité n’ait pas été réévoquée depuis, en l’absence de nouveaux éléments.  

En outre, dans son sondage partagé plus de 4.000 fois sur Facebook, « La Gauche m’a tuer » évoque des tombes « profanées » alors que le maire de Marigny-les-Usages, Eric Archenault réfute l'expression, les tombes n’ayant reçu aucun graffiti ou inscription mais de « simples » dégâts (fleurs arrachées, vases et plaques commémoratives brisées). 

L’article 225-17 du code pénal punit toutefois indistinctement d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende « la violation ou la profanation, par quelque moyen que ce soit, de tombeaux, de sépultures, d'urnes cinéraires ou de monuments édifiés à la mémoire des morts ». 

Une peine renforcée à 3 ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende par l’article 225-18 en cas d’infractions « commises à raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, des personnes décédées à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». 

Les tombes profanées et le prétendu silence « officiel », un classique de « La Gauche m'a tuer »

Le silence présumé autour de profanations de tombes fait l’objet d’une attention particulière sur « La Gauche m’a tuer ». En septembre 2015, le site avait notamment publié un article sur la profanation de 43 tombes au cimetière de Montjavoult, dans l’Oise, et l’absence de réaction du ministère de l’Intérieur. 

Si Bernard Cazeneuve ne s’étaiteffectivement pas rendu sur place et n’avait pas réagi publiquement – contrairement à Laurence Rossignol,  secrétaire d’Etat chargée de la famille –, il était en contact avec le préfet de l’Oise, Emmanuel Berthier.

La veille de la publication de l’article de « La Gauche m’a tuer »,ce dernier expliquait à L'Echo du Thelle : « Conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et comme chaque fois qu’un cimetière ou lieu de culte, de quelque confession que ce soit, fait l’objet d’une attaque ou d’une dégradation, toutes les mesures seront prises pour que les auteurs de cet acte odieux soient interpellés et traduits en justice. »

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