Marseille: Un éducateur accusé d'agression sexuelle, «Je lui faisais confiance, je disais même à mon fils de bien l’écouter»

FAITS DIVERS Un éducateur a été mis en examen pour agression sexuelle, et écroué. Il est accusé d’avoir fait subir ces actes à un ado dont il avait la charge…

Adrien Max

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L'Hôtel de police de Marseille.
L'Hôtel de police de Marseille. — ROUSSEL / SIPA
  • Un éducateur âgé de 58 ans a été mis en examen et écroué samedi dernier pour le viol et l’agression sexuelle d’un mineur de 13 ans qu’il suivait.
  • La mère de l’enfant regrette d’avoir fait confiance à cet homme, qui était censé protéger son fils.
  • L’homme était visiblement connu des services de police pour des faits similaires, mais sa condamnation n’apparaissait pas dans son casier judiciaire.

« C’est lui la victime et pourtant il se sent coupable. » Sabrina* a du mal à trouver ses mots pour décrire ce que vient de vivre son fils, âgé de 13 ans. Ils se sont rendus mercredi dernier au commissariat central de Marseille pour qu’il dépose plainte pour viol et agressions sexuelles. Une plainte à l’encontre de son éducateur, la personne qui devait le remettre sur le droit chemin.

« Le juge des enfants nous a proposé de l’aide pour des problèmes liés au cannabis. Je me suis dit pourquoi pas, on peut essayer. Je voulais le sortir, lui faire faire des activités et l’éloigner un peu de ses copains », relate Sabrina.

« Je disais à mon fils de bien l’écouter »

Le juge pour enfants demande une Action éducative en milieu ouvert (AEMO) et Nicolas D., 58 ans, est chargé de son suivi. Cet éducateur est salarié depuis 2015 de l’association Sauvegarde 13, une structure de protection de l’enfance œuvrant pour le compte du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône.

D’après le récit de la maman, Nicolas D aurait emmené la jeune victime faire des activités. « Il lui a fait faire de la moto, il adore ça. De la boxe aussi, en lui disant qu’il fallait bien s’échauffer avant l’activité et il a commencé à lui faire des massages », affirme Sabrina. La maman, pas encore au courant de ces signes avant coureurs, trouve même l’éducateur « super ».

« Quand je lui parlais des problèmes de mon fils, il me disait "madame, c’est du passé. Maintenant il faut aller de l’avant". Je lui faisais confiance, je disais même à mon fils de bien l’écouter », regrette-t-elle.

« Il s’est jeté dans mes bras »

Le lendemain, l’éducateur emmène sa victime faire du cheval en Camargue. « C’est en rentrant qu’il a pris un autre chemin que le reste du groupe, avec mon fils dans la voiture. Les policiers sont parvenus à le voir grâce aux téléphones portables », relate pudiquement Sabrina. Le soir, le comportement de son fils l’interpelle, mais dans le bon sens du terme : « En rentrant il s’est jeté dans mes bras comme si on ne s’était pas vu depuis un mois. Je me suis dit qu’il avait pris conscience de ses bêtises, et que cet éducateur était vraiment bon. »

Malheureusement, c’est tout le contraire.

« Il est parti rejoindre ses copains dans l’espoir de monter une vengeance. Mais un "grand" a entendu l’histoire et il m’a expliqué qu’il s’était passé quelque chose, qu’il fallait que j’écoute mon fils. Je n’arrivais pas à y croire. »

Traces ADN

Ils se rendent donc au commissariat central, la brigade des mineurs auditionne la jeune victime. « Ils ont fait un travail super, ils ont pris le temps d’écouter de mon fils. Ils lui ont donné des conseils sans le juger, et surtout ils ont fait un super travail d’investigation », remercie la maman.

L’homme est convoqué dès le lendemain, puis confronté à sa victime. Il nie les faits mais des prélèvements ADN concordants sont retrouvés sur des vêtements du mineur. Il est finalement mis en examen pour viol et agression sexuelle et écroué, samedi. Selon Europe 1, qui a révélé l’histoire, l’homme serait connu des services de police pour des faits similaires, sans qu’ils soient inscrits sur son casier judiciaire.

Extrait de casier judiciaire

« Comme pour tous nos employés nous lui avons demandé l’extrait B2 de son casier judiciaire, qui était vierge. Il n’y avait rien de mentionné », se défend Daniel Carlais, directeur général de Sauvegarde 13.

Ce n’est que jeudi, lorsqu’il a été contacté par les enquêteurs, qu’il a pris connaissance des faits plus anciens.

Sabrina, elle, ne comprend pas comment une telle situation peut arriver. « Je travaille avec des personnes âgées et on m’a demandé mon casier judiciaire. Le pire c’est que personne de l’association ne m’a appelé pour s’excuser, ou nous réconforter », regrette-t-elle.

Double traumatisme

Daniel Carlais confirme. « Nous sommes en train d’en discuter, ça a également été un choc pour nous tous. Nous sommes en train de définir ensemble les formes et les moyens pour contacter cette famille, ce sera fait ce mardi ou mercredi », assure-t-il.

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Marseille, l’enquête a été confiée à la sûreté départementale. Ils devront notamment déterminer si Nicolas D. a pu faire d’autres victimes.

*Le prénom a été changé.

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