«Groupe AZF» : Interpellation de trois personnes qui visaient le réseau ferré

MENACES Ce commando terroriste avait réclamé une rançon au gouvernement il y a quatorze ans, sans quoi il s’attaquerait aux chemins de fer…

R. G.-V. avec AFP

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Ce groupe était mystérieusement apparu en 2004 avant de disparaître aussi sec. Il menaçait le réseau ferré.
Ce groupe était mystérieusement apparu en 2004 avant de disparaître aussi sec. Il menaçait le réseau ferré. — LUDOVIC MARIN / AFP

On croyait cette affaire vieille de quatorze ans définitivement enterrée. Mais le «groupe AZF», qui avait défrayé la chronique à l’hiver 2003-2004, revient sur le devant de la scène. Trois personnes soupçonnées d’appartenir à ce mystérieux groupe qui avait menacé de saboter le réseau ferré français en 2003-2004, ont été interpellées ce mardi matin, a-t-on appris de sources proches de l’enquête.

Deux hommes et une femme ont été arrêtés par la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire, dans l’Yonne, le Loiret et la Seine-et-Marne, ont précisé ces sources, confirmant des informations de LCI et BFMTV. Selon une autre source proche de l’enquête, les hommes sont nés en 1947 et 1953 et la femme en 1962.

Un sigle sans explication

Le groupe "d’action AZF" avait défrayé la chronique en 2003-2004 en menaçant de faire sauter le réseau ferré s’il n’obtenait pas une forte rançon. Ce groupe avait disparu sans qu’aucun membre ne fût arrêté. Les menaces avaient été prises très au sérieux par les autorités publiques après la réception de plusieurs lettres signées "AZF", sans explicatif du sigle, affirmant que le groupe avait posé une "série de bombes" sur des voies ferrées, début 2004.

Le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire, confiée aux deux juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Philippe Coirre, le 18 février, trois jours avant la découverte sur les indications du groupe, à Folles (Haute-Vienne), d’un engin explosif sophistiqué placé sous le ballast de la ligne Paris-Toulouse.

Correspondance originale

L’affaire avait également été marquée par la rocambolesque correspondance via la rubrique "Messages personnels" du quotidien Libération entre "Mon gros loup" (AZF) et "Suzy" (police) afin d’organiser la remise de la rançon. Après l’échec de cette remise et la découverte d’une autre bombe sur la ligne Paris-Troyes-Bâle qui, selon le ministère de l’Intérieur, ne correspondait pas aux engins du groupe AZF, celui-ci avait annoncé le 25 mars 2004 la suspension de ses actions.

Selon une source proche du dossier, l’enquête a rebondi après "des signalements remontant à quelques mois". Pour l’heure, les policiers restent très prudents sur les motivations du groupe. "Ils menaçaient l’Etat et voulaient se présenter comme un groupe terroriste mais réclamaient une forte somme d’argent", a rappelé une source proche de l’enquête.

Le groupe s’était qualifié dans un courrier de "groupe de pression à caractère terroriste", et avait dénoncé notamment des "politiciens davantage occupés d’eux-mêmes que de l’Etat".

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