«La petite martyre de l'A10»: Les deux parents, qui s'accusent mutuellement, mis en examen

ENQUETE Ce « cold case » vieux de 30 ans pourrait être résolu grâce à des prélèvements ADN...

L.Gam. avec AFP

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Le corps de la fillette a été retrouvé dans cette commune, située près de Blois, en 1987.
Le corps de la fillette a été retrouvé dans cette commune, située près de Blois, en 1987. — AFP

L’enquête avance dans l’affaire de la « petite martyre de l’A10 ». Ce jeudi, le père et la mère de la fillette de quatre ans dont le corps avait été découvert en 1987 au bord de l’autoroute A10 ont été mis en examen, a annoncé le procureur de la République de Blois, Frédéric Chevallier.

Le père a été écroué et la mère comparaissait encore devant le juge de la liberté et de la détention, a précisé le procureur dans une conférence de presse.

Un cold case jamais élucidé jusqu’alors

Le 11 août 1987, des agents d’entretien de l’autoroute A10 découvrent dans un fossé à Suèvres (Loir-et-Cher) le corps d’une petite fille recouverte d’une épaisse couverture. L’enfant semble ne pas avoir plus de 5 ans et porte sur le corps d’innombrables traces de coups et de brûlures. Rapidement, la piste des violences habituelles, probablement au sein d’un cadre familial, est privilégiée car certaines blessures remontent à plusieurs mois, des fractures non consolidées sont révélées lors de l’autopsie.

Mais l’enfant n’est jamais porté disparu et les gendarmes de la Section de recherche d’Orléans, en charge de l’enquête, ne parviennent pas à l’identifier. Personne ne la reconnaît sur les plaquettes d’enfants disparus. Son portrait-robot est envoyé dans les écoles maternelles environnantes. En vain. Il faudra attendre 2008 et les progrès de la science pour que l’enquête connaisse un premier rebondissement. L’empreinte génétique des parents est identifiée sur la couverture mais cet ADN n’est associé à aucun nom dans les fichiers des empreintes.