La fin d’un «cold case» vieux de plus de trente ans. Le 11 août 1987, des agents d’entretien de l’autoroute A10 découvrent dans un fossé à Suèvres ( Loir-et-Cher) le corps d’une petite fille recouverte d’une épaisse couverture. L’enfant semble ne pas avoir plus de 5 ans et porte sur le corps d’innombrables traces de coups et de brûlures. Rapidement, la piste des violences habituelles, probablement au sein d’un cadre familial, est privilégiée car certaines blessures remontent à plusieurs mois, des fractures non consolidées sont révélées lors de l’autopsie.

Mais l’enfant n’est jamais porté disparu et les gendarmes de la Section de recherche d’Orléans, en charge de l’enquête, ne parviennent pas à l’identifier. Personne ne la reconnaît sur les plaquettes d’enfants disparus. Son portrait-robot est envoyé dans les écoles maternelles environnantes. En vain. Il faudra attendre 2008 et les progrès de la science pour que l’enquête connaisse un premier rebondissement. L’empreinte génétique des parents est identifiée sur la couverture mais cet ADN n’est associé à aucun nom dans les fichiers des empreintes.

Les parents déférés dans la journée

Jusqu’à l’automne 2017. A l'automne 2016, un jeune homme est arrêté pour une affaire banale mais c’est son ADN qui intéresse surtout les gendarmes. Pour la première fois, une empreinte génétique « matche » avec celle de la fillette disparue. Les recherches permettent de conclure qu’il est l’un des six frères et sœurs de la jeune victime.

Mardi, les parents de la « disparue de l’A10 » ont été interpellés et placés en garde à vue pour meurtre, recel de cadavre et violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans. Ils seront présentés au juge dans la journée.

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