Disparition de Léa Petitgas: «Le temps passe, mais j'essaye de me dire que je reverrai ma fille»

INTERVIEW Léa Petitgas, 20 ans, a disparu à Nantes depuis maintenant six mois...

Propos recueillis par Julie Urbach

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Léa Petitgas a disparu à Nantes depuis le 13 décembre 2017
Léa Petitgas a disparu à Nantes depuis le 13 décembre 2017 — Police nationale
  • Léa Petitgas n'a pas donné signe de vie depuis six mois jour pour jour.
  • Alors que l'enquête piétine, son père Christophe a livré son ressenti à 20 Minutes.

Léa Petitgas, 20 ans, a été vue pour la dernière fois il y a six mois jour pour jour. Depuis, la disparition de cette Nantaise, habitante du quartier Canclaux, reste une énigme pour les enquêteurs. Alors qu’une information judiciaire a été ouverte pour « enlèvement et séquestration » et qu’un nouvel appel à témoins a été lancé en février, aucune piste ne les a encore menés jusqu’à la jeune femme. Son père, Christophe Petitgas, se confie pendant cette difficile attente.

Comment évolue l’enquête ?

Il y a deux mois environ, j’ai été auditionné par des enquêteurs de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) venus de Paris pour aider les policiers de la PJ de Nantes. Pendant cinq heures, j’ai tout relaté de la vie de Léa, depuis sa naissance en août 1997.

Depuis, je n’ai plus aucune nouvelles de l’enquête, ce que je ne vis pas très bien. Apparemment, ils n’ont rien du tout. Des pistes ont été ouvertes mais tout s’est refermé au fur et à mesure. Certains proches de Léa ont été interrogés après des incohérences relevées dans leurs témoignages, mais ça n’a rien donné.

Quel est votre état d’esprit ?

Ce qui me fait peur c’est que le dossier soit mis de côté, en attendant que quelqu’un parle ou qu’un nouvel appel à témoins soit lancé. J’essaye toujours de mener mon enquête, même si les policiers me demandent de ne rien faire de mon côté. J’ai retrouvé un jeune homme, un ami de ma fille, dont je connaissais uniquement le surnom. Il m’a raconté que quelques semaines avant sa disparition, il avait proposé à Léa de lui trouver du travail dans une autre ville de France, mais qu’elle avait décliné parce qu’elle voulait rester à Nantes.

Notre échange a conforté ma conviction que Léa n’est pas partie de son plein gré. Ce que je crains, c’est une mauvaise rencontre faite sur le chemin du travail. On sait que le portable de Léa a borné chez elle le matin à l’heure où elle devait partir travailler.

A quoi ressemble votre quotidien ?

J’ai beaucoup de travail, une famille et une compagne qui m’aident. Mais on marche au ralenti. Il y a des moments où ça va, d’autres où ça va moins bien. Quand j’ai vu le reportage sur France 2, j’ai eu du mal à regarder la photo de ma fille. Je ne peux pas imaginer le fait que je ne la reverrai pas. Le temps passe mais j'essaye de me dire que je la reverrai.

Je compte sur les médias pour que l’on continue de parler d’elle et que le dossier ne se referme pas. Je me tiens informé des faits divers à Nantes, qui pourraient avoir un lien avec son histoire. Quand j’apprends qu’un corps est retrouvé dans la Loire, ça me fait trembler. C’est triste à dire mais quand je lis ensuite que ça ne correspond pas à Léa, je me dis « ouf ».

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Appel à témoins

Le 13 décembre, Léa a passé la soirée chez elle en compagnie d'un ami. Le lendemain, elle ne s'est pas présentée à son travail. Un appel à témoins la concernant a de nouveau été lancé en février dernier.