Marseille: Après la résolution de trois affaires de stup «significatives», la police «plus déterminée que jamais»

TRAFIC DE STUP La police judiciaire de Marseille a annoncé avoir résolu trois affaires « représentatives du trafic de stupéfiants » la semaine dernière... 

Adrien Max

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Eric Arella, le patron de la DIPJ de Marseille.
Eric Arella, le patron de la DIPJ de Marseille. — Adrien Max / 20 Minutes
  • La DIPJ a résolu trois affaires de trafic de stupéfiants à Marseille et dans sa région la semaine dernière.
  • La police met en avant le pilotage opérationnel renforcé qui permet une meilleure coopération entre les différents services.
  • La police se dit « plus déterminée que jamais » à lutter contre les trafics de stupéfiants à Marseille.

Une semaine « exemplaire ». La direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ), et plus particulièrement l’office central pour la répression du trafic illicite ( Octris) de Marseille, ont résolu trois affaires de trafic de stupéfiants, la semaine dernière. Selon les mots d’Eric Arella, patron de la DIPJ, elles sont « représentatives de ce qui se fait en matière de stupéfiants sur Marseille ».

Elles traduisent surtout la coopération entre les différents services, PJ, sécurité publique, police municipale, et désormais douanes et police aux frontières. Elle a été rendue possible dans le cadre du pilotage opérationnel renforcé initié à Marseille, face à l’augmentation du nombre de règlements de compte.

90 kg saisis dans un « go fast »

La plus spectaculaire affaire s’est déroulée jeudi vers 1 heure du matin. Les enquêteurs sont parvenus à arrêter un « go fast » de trois véhicules à différents péages dans le nord des Bouches-du-Rhône. Au total, 90 kg de résine de cannabis ont été saisis, et neufs personnes ont été interpellées, dont quatre Marseillais, et huit sont actuellement incarcérées.

« Nous avons affaire à un trafic international entre l’Espagne et l’Italie. La marchandise était destinée à approvisionner des revendeurs à Marseille, Nîmes, Nice et en Italie », détaille Eric Arella.

La saisie de 90 kg de résine de cannabis réalisée par la DIPJ de Marseille.
La saisie de 90 kg de résine de cannabis réalisée par la DIPJ de Marseille. - Adrien Max / 20 Minutes

Un deuxième trafic international a été démantelé, cette fois autour de l’Etang de Berre, à Aix-en-Provence et à Marseille. Le point de départ de cette affaire se situe en Bourgogne, lorsqu’en avril 2017 une voiture est interceptée avec à son bord près de cinq kilos de cocaïne, dissimulés dans les roues de secours. « L’enquête de l’Octris a permis d’identifier les points de revente et les organisateurs du trafic. En tout, 16 personnes ont été présentées à la justice, et neuf sont écrouées », explique le patron de DIPJ.

Trafic international et narcobanditisme

Elles ont été interpellées dans le pourtour de l’étang de Berre, où se concentraient quelques points de revente, ainsi qu’à Aix-en-Provence, où la cocaïne était vendue via des livreurs. Selon les enquêteurs, la cocaïne était acheminée en France depuis la Guyane et le Surinam via des mules « pouvant ingérer jusqu’à près d’un kilo ».

Une affaire de narcobanditisme cette fois, tout aussi représentative de la réalité du trafic à Marseille a aussi été résolue mardi. Les enquêteurs ont démantelé le point de revente de la cité Jean Jaurès, dans le 14e arrondissement. Là aussi l’enquête avait débuté avec la saisie de 6 kg de résine, et de deux armes. Grâce à la minutieuse enquête menée par les différents services nommés ci-dessus, ils sont parvenus à interpeller cinq personnes, dont le chef de réseau de point de revente, qui a été écroué.

« Nous avons également retrouvé une comptabilité qui nous permet de situer le chiffre d’affaires de cette cité à 15.000 euros/jour », précise Eric Arella.

Lutter contre les règlements de compte

Au total ce sont donc 34 interpellations, 28 défèrements devant la justice et 18 personnes écrouées pour cette seule semaine. Un bilan rendu possible, donc, par le pilotage opérationnel renforcé, désormais effectif dans plusieurs villes comme à Nantes, Lille, Montpellier ou Nice.

Ce dispositif avait été mis en place pour répondre au phénomène des règlements de compte « dont 90 % sont liés à des luttes de territoire », très présent dans les Bouches-du-Rhône. Dans la nuit de samedi à dimanche, un jeune homme de 22 ans a encore été fauché d’une rafale de kalachnikov sur le Vieux-Port, portant le nombre de règlements de compte à onze dans le département depuis le début de l’année. Mais la police se dit « plus déterminée que jamais à lutter contre les trafics ».

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