Enfant décédé dans un centre commercial à Argenteuil: Comment les ascenseurs sont-ils contrôlés?

DRAME Le parquet de Pontoise a ouvert une information judiciaire après la mort d’un garçonnet dans un ascenseur d’un centre commercial d’Argenteuil…

C.Po.

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Photo d'illustration d'un ascenseur.
Photo d'illustration d'un ascenseur. — MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
  • Un enfant de cinq ans est décédé dans un ascenseur vendredi soir.
  • Une information judiciaire contre X a été ouverte pour « homicide involontaire ».
  • On dénombre 18 accidents mortels ces quinze dernières années.

Le drame s’est noué en une poignée de secondes. Vendredi soir, un petit garçon de cinq ans est décédé lors de la chute d’un ascenseur du centre commercial Côté Seine à Argenteuil, dans le Val-d’Oise. Les circonstances de l’accident restent à préciser mais selon les premiers éléments, un brusque décrochage de la cabine a eu lieu alors que l’enfant était en train de sortir. Dimanche, le parquet de Pontoise a ouvert une information judiciaire contre X pour « homicide involontaire ». Un expert judiciaire devrait rapidement être nommé pour faire toute la lumière sur les circonstances de l’accident.

« C’est rarissime, je n’ai pas le souvenir d’un tel drame, en tout cas pas en France », assure Alain Zeliszewski, ex-président de la Fédération des indépendants experts et bureaux de contrôle ascenseurs (Fiebca). Tout en restant particulièrement prudent sur les causes de l’accident, l’expert préfère parler de « mouvement incontrôlé » de l’appareil qui pourrait s’expliquer par une rupture mécanique imprévisible ou une somme d’événements successifs. « Comme il s’agit d’un ascenseur hydraulique, le fait que la cabine se décroche ne me semble pas possible. »

Dix-huit accidents mortels en quinze ans

Au cours des quinze dernières années, dix-huit accidents mortels ont été recensés en France. Le dernier remonte au mois d’octobre 2015, dans une HLM de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. Un petit garçon de sept ans s’est étranglé avec sa trottinette qui s’est bloquée entre les portes de l’ascenseur. Depuis la loi de 2003 renforçant les règles de sécurité, l’accidentologie liée aux ascenseurs est en forte baisse. « La plupart des accidents concernent des intervenants », précise Alain Zeliszewski.

Depuis cette loi, un important travail de mise en conformité a été engagé sur les quelque 560.000 ascenseurs que compte le parc français, dont près de la moitié a plus de 20 ans. « Un appareil ancien n’est pas forcément plus dangereux qu’un autre. Le système réglementaire français est l’un des plus stricts d’Europe, rappelle l’ancien président du Fiebca. Ces ascenseurs ont été modernisés, ont passé les contrôles. »

Des contrôles réguliers

Les contrôles, c’est l’autre volet de la loi de 2003. Toutes les six semaines, un technicien du mainteneur effectue un contrôle visuel et quelques essais de sécurité. Selon Guillaume Boisseau, porte-parole de Schindler France, chargé de la maintenance de l’appareil du centre commercial, la dernière visite remonte au 2 mai 2018 et n’a pas permis de « révéler de défaut qui pourrait expliquer à ce stade les origines de l’accident ». Un contrôle annuel doit également être pratiqué tous les ans dans les lieux publics, à l’instar des centres commerciaux. Enfin, tous les cinq ans un contrôleur indépendant est chargé de pratiquer un contrôle de sécurité approfondi.

Dans le cas de ce drame, plusieurs témoins ont évoqué un ascenseur tombant régulièrement en panne. Pouvait-il s’agir de signes avant-coureurs ? « Je ne peux pas répondre dans ce cas précis mais d’une manière générale, un ascenseur qui tombe en panne n’est pas forcément dangereux. Au contraire, cela signifie qu’il se met lui-même en sécurité », précise Alain Zeliszewski.