Dordogne: La CAF coupe les vivres à des centres sociaux ouverts plus tard pendant le ramadan

SOCIETE La CAF suspend les financements alloués à deux centres sociaux de Bergerac en raison de leur ouverture jusqu’à 1h du matin en période de ramadan. Le maire de Bergerac défend sa décision en expliquant qu’il s’agit d’une mesure d’ordre public…

E.P.
— 
Lille, le 22 octobre 2012. Illustration sur la Caisse d'Allocations Familiales (CAF).
Lille, le 22 octobre 2012. Illustration sur la Caisse d'Allocations Familiales (CAF). — M.LIBERT/20 MINUTES

En fin de semaine dernière, le maire de Bergerac a reçu un courrier de la Caisse d’allocations familiales (CAF) l’informant de la suspension de l’agrément et des financements octroyés à la maison de quartier de la Brunetière, dans le quartier de La Catte et « Germaine Tillon » dans celui de Naillac, rapporte France Bleu Périgord. Deux quartiers prioritaires où la population musulmane est importante.

En cause : l’ouverture des centres jusqu’à 1 h du matin en période de ramadan, ce qui constituerait pour la CAF une atteinte aux principes de neutralité et de laïcité. Le maire se défend en expliquant qu’il s’agit d’une simple mesure d’ordre public. « Pendant cette période, les gens mangent plus tard et sortent plus tard en soirée. Ça posait parfois des problèmes de tapages nocturnes. On a donc choisi d’ouvrir ces lieux pour éviter les tensions et permettre à ces gens, souvent jeunes de jouer aux cartes ou autre, » explique l’élu à France Bleu Périgord.

« On s’adapte aux habitudes des gens »

Selon le maire, parmi les usagers des centres, certains seraient pratiquants, mais d’autres ne font pas le jeûne. « La religion n’a rien à voir avec cela. On s’adapte aux habitudes des gens durant cette période. C’est comme si on décrétait qu’il ne devait rien se passer à Noël parce que c’est une fête religieuse. »

Une médiation est organisée ce mardi entre la CAF et la ville de Bergerac à la préfecture pour trouver un terrain d’entente. Le maire pourrait se tourner vers la justice s’il perd les 300.000 euros par an alloués par la CAF aux centres sociaux.