Accusé de viols, Tariq Ramadan doit s'expliquer pour la première fois devant les juges

JUSTICE L’intellectuel musulman a été mis en examen et écroué le 2 février dernier pour deux viols...

H. B. avec AFP
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Le théologien Tariq Ramadan, le 25 avril 2010.
Le théologien Tariq Ramadan, le 25 avril 2010. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Ce sera sa toute première confrontation avec la justice. Incarcéré pour des accusations de viols qu’il nie catégoriquement, l’intellectuel musulman Tariq Ramadan est convoqué ce mardi pour son premier véritable interrogatoire devant les juges d’instruction, qui pourraient le mettre en examen pour des agressions sur une troisième femme.

A l’issue de sa garde à vue, Tariq Ramadan avait été mis en examen le 2 février pour deux viols, dont un sur personne vulnérable, et écroué.

Où en est l’enquête ?

L’enquête, démarrée en octobre, reposait initialement sur les accusations d’anciennes admiratrices du prédicateur, la militante laïque et ancienne salafiste Henda Ayari et une femme connue sous le pseudonyme de « Christelle », qui ont décrit des rapports sexuels forcés d’une grande violence.

Avant d’être confiée aux juges, l’enquête préliminaire avait aussi recueilli les récits de trois autres femmes, qui affirment avoir eu des relations intimes avec Tariq Ramadan, sous son « emprise » et parfois aussi très brutales.

L’expertise d’une robe tachée de sperme attendu prochainement

En mars, une troisième plaignante s’était fait connaître : cette ancienne escort-girl, protagoniste du procès pour proxénétisme du Carlton aux côtés de Dominique Strauss-Kahn, affirme avoir été violée à neuf reprises en France, à Londres et à Bruxelles, de 2013 à 2014. « Tariq Ramadan connaît cette femme et, s’il a eu une relation avec elle, elle n’est pas celle qu’elle a décrite », a affirmé Me Emmanuel Marsigny, dont le client doit être interrogé à ce sujet pour la première fois mardi. Le résultat de l’expertise ordonnée sur une robe de la plaignante tachée de sperme pour en déterminer l’ADN est attendu prochainement.

La défense espère convaincre les juges de renoncer à la mise en examen, requise par le parquet. Si le prédicateur devait reconnaître mardi une relation adultère, éloignée des enseignements qui ont fait sa célébrité, ce serait un nouveau coup porté à l’aura de celui qui fut une rare figure médiatique et populaire de l’islam en Europe.