Pas-de-Calais: Vingt ans de réclusion pour un homme qui avait martyrisé à mort son bébé

JUSTICE Ambre, qui n’a vécu que 47 jours, était quotidiennement frappée…

H. B. avec AFP

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Illustration d'un bébé.
Illustration d'un bébé. — michelmondadori / Pixabay

La petite Ambre, âgée d’à peine six semaines, a vécu un véritable calvaire. Son père a été condamné vendredi soir à 20 ans de réclusion par la Cour d’assises du Pas-de-Calais pour l’avoir martyrisé à mort en 2015, notamment en la secouant sans cesse. La mère de la petite Ambre, accusée de « privation de soin », a été elle condamnée à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, et écrouée alors qu’elle comparaissait libre.

« C’est un bébé martyr qui a vécu 47 jours dont 35 jours de violences. Le corps d’Ambre n’était que fractures », a déclaré l’avocat général Patrick Leleu lors de son réquisitoire.

Son père la suspendait par les chevilles ou les aisselles « pour la calmer »

Le 16 mai 2015, Ambre ne se sent pas bien. Ses parents appellent les secours. Hospitalisée à Saint-Omer, où ils résident, elle sera ensuite transférée à Lille, où les parents ne viendront la voir que le 19. Ils seront alors interpellés. La petite décédera d’un œdème cérébral le 21.

L’enfant souffre aussi d’un traumatisme crânien, de fractures de l’humérus et de la clavicule, de bleus sur le visage, le dos, les chevilles. L’enquête révélera que son père la suspendait par les chevilles ou les aisselles « pour la calmer » et qu’il la projetait contre la table à langer. Il la secouait quotidiennement, car il ne supportait pas ses cris.

La mère a répété à l’audience qu’elle n’avait jamais assisté à ces scènes, mais qu’elle montait le son de la télévision dans leur appartement de Saint-Omer. Elle était également victime de coups de son compagnon.

« Je mérite la peine de mort pour ce que j’ai fait à ma fille »

Le père, né en Roumanie, 25 ans à l’époque des faits, avait été adopté à un an par une famille du Pas-de-Calais. Atteint de psychose infantile, décelée à 12 ans, il avait été placé en foyer en Belgique jusqu’à sa majorité. De retour en France, il avait été placé sous curatelle renforcée. Après avoir raté un concours d’entrée dans l’armée, il avait arrêté son traitement de médicaments stabilisateurs en avril 2015, période correspondant aux premiers coups portés sur le bébé.

« Au Moyen-Age, il y avait la peine de mort et c’est sincèrement ce que je mérite pour ce que j’ai fait à ma fille. Je regrette tout ça », a déclaré l’accusé avant que les jurés ne se retirent pour délibérer.