Marseille: Quand les trafiquants de drogue se dispersent dans la ville pour échapper à la police

FAITS DIVERS Pour la première fois, la DDSP de Marseille a démantelé un réseau éclaté sur plusieurs arrondissements de Marseille et au-delà...

Mathilde Ceilles

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Une voiture de police à Marseille (illustration).
Une voiture de police à Marseille (illustration). — Amandine Rancoule / 20 Minutes
  • Un réseau de stupéfiants œuvrant dans le 14e arrondissement de Marseille a été démantelé.
  • Ce réseau sévissait au pied de la protection judiciaire de la jeunesse.
  • Ce réseau était éclaté dans plusieurs endroits de Marseille.

Les trafiquants de drogue à Marseille  auraient-ils adopté une nouvelle stratégie pour échapper aux opérations coup de poing de la sûreté départementale ? Ce vendredi, la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP) des Bouches-du-Rhône a annoncé avoir démantelé l’ensemble d’un réseau de trafiquants de stupéfiants œuvrant dans la cité des Marronniers, situé dans le 14e arrondissement de la cité phocéenne.

Ce trafic de cannabis avait débordé depuis une cité jusqu’au parc d’un centre éducatif de la protection judiciaire de la jeunesse. En janvier, les agents du centre pour adolescents des Chutes-Lavies avaient exercé leur droit de retrait, excédés d’être menacés par les dealers.

Un trafic au seuil d’une institution judiciaire

Installés sur des chaises avec un brasero pour signifier l’ouverture du point de vente, ils n’hésitaient pas à menacer ceux qui les regardaient en montrant parfois une arme. Au plus fort du trafic, une trentaine de trafiquants n’hésitaient pas à s’installer dans le vaste domaine arboré qui accueille environ 300 adolescents en milieu ouvert ou fermé, à côté de la cité des Marronniers.

Autre particularité : hormis les petites mains se trouvant au cœur de la cité, le reste des membres de ce réseau était dispatché dans plusieurs arrondissements de Marseille, et même au-delà, à Vitrolles et Aubagne. Une première pour un réseau de cette envergure.

La cité comme « terrain de vente »

Les policiers ont enquêté pendant six mois pour démanteler ce trafic qui pouvait générer environ 8.000 à 10.000 euros de chiffre d’affaires quotidien. Près de 41 kilos de résine de cannabis, 19.000 euros en liquide, et des armes dont une Kalachnikov, un fusil d’assaut et deux fusils à pompe ont été saisis lors des interpellations, effectuées mardi.

Ces saisies relativement modestes soulignent l’organisation des trafiquants, extérieurs à la cité qu’ils n’utilisaient que comme « terrain de vente », leurs bases logistiques et de stockage étant situées ailleurs, a souligné la commissaire divisionnaire Marjorie Ghizoli,  cheffe de la sûreté départementale.

Douze personnes arrêtées

« Ils se disent qu’il vaut mieux se décentraliser, cela nous demande beaucoup de travail d’investigation, un travail plus complexe avec de nombreuses missions de traçabilité », insiste auprès de 20 Minutes une source policière. L’enquête a exclu tout lien entre le personnel ou les jeunes accueillis dans le centre et les trafiquants, qui semblent s’être établis là car ils s’imaginaient à l’abri des surveillances.

Au total, douze individus, de la tête présumée du réseau des Marronniers, un homme de 35 ans, aux petites mains, devaient être présentés à un juge à l’issue de leur garde à vue ce jour. Presque tous étaient connus des services de police pour des faits liés au trafic de stupéfiant, de la petite ou moyenne délinquance. La tête de réseau avait ainsi fait ses armes dans les arnaques à la carte bleue.