Perpignan: Un détenu passe cinq jours au quartier disciplinaire sans pourvoir vider sa poche à excréments

PRISON L’Observatoire international des prisons dénonce que la logique disciplinaire l’ait emporté sur une logique sanitaire…

C.D.

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Une personne en prison. (Illustration)
Une personne en prison. (Illustration) — ANSOTTE/ISOPIX/SIPA

Un homme en détention provisoire à la maison d’arrêt de Perpignan (Pyrénées-Orientales) a passé cinq jours dans le quartier disciplinaire de l’établissement sans son matériel médical et contre l’avis des médecins, dénonce l’Observatoire international des prisons (OIP).

Gravement blessé par balle

Depuis qu’il a été blessé par balle à l’abdomen, peu avant son incarcération en mai 2017, le détenu porte une poche pour évacuer ses selles. Celle-ci doit être vidée tous les jours, ce qui n’a pas été fait pendant sa période en quartier disciplinaire, explique France Bleu Roussillon, qui a interviewé Sarah Bosquet, chargée d’enquête à l’OIP. Celle-ci regrette que « la logique disciplinaire ait prévalu sur la logique sanitaire ».

La direction de l’administration pénitentiaire affirme de son côté que le médecin généraliste a considéré que sa poche abdominale « n’était pas un handicap ni n’est une incompatibilité obligatoire et automatique au quartier disciplinaire », et que durant ce temps de détention, « il ne s’est pas plaint ni auprès des médecins ni auprès du personnel, ni auprès du chef d’établissement. »

Du cannabis caché dans la poche ?

Par ailleurs, dans un communiqué envoyé à 20 Minutes, l’administration pénitentiaire indique que, depuis le début de son incarcération, le détenu a été mis en cause dans différents trafics. Il profiterait ainsi de sa poche fécale « pour cacher des substances et des objets interdits ». Le détenu fait l’objet de plusieurs procédures à ce sujet.

Sollicitée par nos confrères de France Bleu, l’organisation syndicale UFAP/UNSA affirme aussi que le détenu « refuse de se faire soigner » à l’unité hospitalière sécurisée interrégionale de Toulouse, et qu’il aurait profité de sa poche pour cacher du cannabis, et trafiquer des stupéfiants au sein de la prison.

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