Une du «Point» sur Erdogan: Un kiosquier de Nîmes porte plainte après avoir été menacé

PRESSE Le commerçant s’est résolu à retirer les affiches…

N.B. avec AFP
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La Une du «Point» sur Erdogan.
La Une du «Point» sur Erdogan. — CAPTURE ECRAN DU «POINT»
  • Un kiosquier a porté plainte après avoir été menacé à Nîmes.
  • Le Point, présentant Erdogan comme un dictateur, est au cœur d’une polémique.
  • Le commerçant de Nîmes s’est résolu à retirer les affiches.

Un kiosquier de Nîmes a déposé une plainte, après avoir été menacé mercredi par un ressortissant turc qui aurait exigé qu’il retire les affiches de la Une de l'hebdomadaire Le Point titrant « Le dictateur » à propos du président turc Erdogan​.

En fin de matinée mercredi, « un ressortissant turc en survêtement noir d’une soixantaine d’années est venu dans le magasin et nous a demandé de retirer les affiches sur lesquelles figurait la Une du Point avec Erdogan », a expliqué à l’AFP ce responsable d’un tabac-presse de Nîmes, qui ne veut pas être nommé pour des raisons de sécurité.

« Si vous n’enlevez pas les affiches, on casse tout »

Le kiosquier relate que cet homme lui aurait dit : « Si vous n’enlevez pas les affiches, on vient dans l’après-midi et on casse tout ». Avant ces menaces, le commerçant lui aurait expliqué « que c’était une société privée qui gérait l’affichage » sur son magasin et qu’il « n’avait pas les clefs pour enlever les affiches ».



« Je refuse d’enlever ces affiches par rapport à la liberté de la presse. Je suis diffuseur, donc je suis solidaire de la presse. Mais on m’a conseillé de les enlever… Là, on est en train de les plier proprement dans le magasin et on attend de voir si on les remet ou pas », ajoute le commerçant nîmois, qui a aussitôt prévenu les forces de l’ordre.

« Il ne faut pas se laisser faire »

« Il ne faut pas se laisser faire. On a encore la liberté d’écrire ce que l’on pense que ça plaise ou pas », s’insurge le kiosquier. De son côté, l’union des commerçants Culture Presse « condamne fermement cet acte de pression, de même que ceux sur des marchands du Pontet et de Valence », qui ces derniers jours ont également été pris à partie. « Pas de liberté de la presse sans liberté de diffusion », souligne le texte, alors que Le Point a dénoncé dimanche une campagne de « harcèlement ».

Le président Emmanuel Macron a jugé lundi soir « parfaitement inacceptable » que des affiches de l’hebdomadaire soient retirées des kiosques « au motif qu’elles déplaisent aux ennemis de la liberté ». « La démocratie ne se limite pas à l’acceptation d’insultes et de mensonges, c’est aussi la prise en compte des sensibilités de l’autre. Au-delà c’est de l’hypocrisie », lui a rétorqué mardi le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu.