Hautes-Alpes: La préfecture défend les forces de l'ordre après la mort d'une migrante

HAUTES ALPES Le corps d'une personne qui pourrait être une migrante a été retrouvée dans la Durance, mais elle n'a pas été formelement identifiée... 

A.M. avec AFP

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Des migrants interpellés en gare de Menton-Garavan, dans les Alpes-Maritimes, en novembre 2014 (Archives).
Des migrants interpellés en gare de Menton-Garavan, dans les Alpes-Maritimes, en novembre 2014 (Archives). — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Le corps d'une jeune femme noire a été repeché le 9 mai dans la Durance. 
  • Selon l'association « Tous Migrants », les policiers auraient pourchassé la jeune femme et deux autres migrants. 
  • La prefecture des Hautes-Alpes défend les policiers.

Cécile Bigot-Dekeyzer, préfète des Hautes-Alpes, a tenu à défendre l’action des policiers et des gendarmes dans leur mission de contrôle de l’immigration, après avoir été mis en cause par l’association Tous Migrants dans la mort d’une migrante qui aurait tenté de les fuir.

Lundi, Tous Migrants, qui vient en aide aux réfugiés dans la région frontalière de Briançon, a fait le lien entre la disparition d’une jeune Nigériane de 21 ans le 7 mai et le corps d’une jeune femme noire retrouvée noyée dans la Durance le 9 mai et pas encore « formellement » identifié, selon le parquet de Gap qui a ouvert une enquête judiciaire.

Des « allégations » selon la préfète

Selon l’association, cinq policiers « dissimulés dans les fourrés » avaient fait irruption au passage d’un groupe de trois personnes, deux hommes et une femme, provoquant la dispersion du groupe et une course-poursuite dans un village traversé par la Durance. Un des hommes y a été interpellé mais la jeune femme n’a plus donné signe de vie depuis, a souligné Tous Migrants, déplorant des « pratiques policières reposant sur des guets-apens ».

Répondant à ces « allégations », la préfète des Hautes-Alpes a rappelé dans un communiqué que « les forces de l’ordre exercent leur mission dans le strict respect de la loi et des règles de déontologie ».

« Elles doivent veiller à se comporter de manière exemplaire, tenir compte de la nature des risques et menaces de chaque situation et des délais qu’elles ont pour agir, pour choisir la meilleure réponse légale pour l’exercice de leur mission », a souligné Cécile Bigot-Dekeyzer, réaffirmant « sa confiance dans les forces de l’ordre quant au respect de ces règles ». « Leur non-respect ne serait pas acceptable », a-t-elle ajouté.

Enquête préliminaire

La préfète a aussi rappelé que la « mission strictement régalienne » du contrôle des frontières « s’exerce sans aucune collaboration avec des mouvements tels Génération Identitaire », qui se targuent de « surveiller » la frontière franco-italienne aux abords du col de Montgenèvre et de « lutter contre l’immigration clandestine ».

Une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Gap du chef d’immixtion dans une fonction publique a pour but de « vérifier si un tel délit n’a pas été commis » par le groupe d’extrême droite.

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