VIDEO. Hauts-de-France: «Comme pour le loup, il faudrait réguler la population des phoques», estime un élu régional

FAITS DIVERS Après que trois phoques eurent été abattus depuis le début de l’année, un élu régional souhaiterait réguler leur nombre, mais après concertation…

Gilles Durand

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Illustration d'un phoque à Berck-sur-Mer.
Illustration d'un phoque à Berck-sur-Mer. — M.Libert/20 Minutes
  • Depuis le début d’année, trois phoques ont été abattus volontairement sur les plages nordistes.
  • Les écologistes dénoncent « un contexte de montée des revendications des pêcheurs contre la protection des phoques ».
  • Un élu régional souhaiterait un débat sur une éventuelle régulation de la population des phoques, comme celles des loups.

Le climat devient malsain. Depuis le début d’année, trois phoques ont été abattus volontairement sur les plages du littoral du Nord et du Pas-de-Calais. Dans un communiqué, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a demandé, lundi, à l’Etat et à la Région de « faire respecter la loi » car les phoques sont une espèce protégée.

La première victime avait été retrouvée sur une plage près de Dunkerque, en janvier, la tête criblée de plomb. La découverte de deux autres cadavres a eu lieu fin avril, au Touquet. Les écologistes dénoncent « un contexte de montée des revendications des pêcheurs contre la protection des phoques ».

Une récompense de 10.000 euros

La semaine dernière, l’association de défense des océans, Sea Sheperd, avait proposé une récompense de 10.000 euros pour retrouver le ou les coupables de ces tueries, évoquant sur son profil Facebook, un collectif anti-phoques.

« Nous n’accusons pas les pêcheurs, mais déplorons que des responsables politiques rendent les phoques coupables », souligne Martin Besnier, porte-parole d’EELV. En ligne de mire, le délégué biodiversité de la Région, Jean-Michel Taccoen.

Contacté par 20 Minutes, l’élu assure « qu’on ne peut que se réjouir du retour du phoque », mais qu’« il faut tenir compte aussi des pêcheurs qui vivent sur le territoire ». Et prendre pour exemple les concours de pêche : « Il y a un mois, 70 pêcheurs aguerris n’ont pris aucun poisson à Berck ».

Environs 700 phoques

Un récent rapport, baptisé Eco-phoques et en partie financé par la Région, dénombre environ 700 phoques entre la Baie de Somme et Dunkerque, avec une progression de 30 % par an.

La solution ? « Il faudrait que tout le monde s’assoie autour d’une table pour discuter. Et comme pour le loup, il faudrait réguler la population. » « Les phoques ne sont pas responsables de la baisse des réserves de poissons, rétorque affirme Gil Mettai, d’EELV Picardie. C’est bien la surpêche qui provoque cette crise des ressources. Au lieu de prendre les phoques comme boucs émissaires, nous devons créer une pêche durable. »

En 2015, les phoques avalaient environ 1.000 tonnes poissons par an. L’an dernier, le chiffre était passé à 1.500 tonnes. A titre de comparaison, les navires usines peuvent pêcher 700 tonnes de poissons… par jour.

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