Mort de Naomi Musenga: Agnès Buzyn ne veut «plus d'erreur de ce type» au Samu

FAITS DIVERS « Dans 99,9 % des cas, fort heureusement, le Samu travaille merveilleusement », a souligné la ministre…

20 Minutes avec AFP

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Naomi Musenga est morte à 22 ans après avoir appelé en vain le SAMU
Naomi Musenga est morte à 22 ans après avoir appelé en vain le SAMU — Shutterstock/SIPA

Deux semaines après la révélation de l’appel de Naomi Musenga au Samu de Strasbourg, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a souhaité ce lundi « qu’il n’y ait plus d’erreur de ce type », sans promettre de moyens supplémentaires.

« Il convient qu’il n’y ait plus d’erreur de ce type », a déclaré Agnès Buzyn à l’issue d’une réunion avec des associations de médecins urgentistes, ajoutant que « dans 99,9 % des cas, fort heureusement, le Samu travaille merveilleusement ».

Une assurance qualité mais pas de moyens alloués

Pour « améliorer à l’avenir la régulation et les réponses aux patients par le Samu », les participants ont prévu de « travailler sur trois thèmes », afin d’établir une « feuille de route » qui sera présentée le 1er juillet, a-t-elle indiqué.

La réflexion portera sur « la formation des personnels », le respect des procédures et « l’assurance qualité, c’est-à-dire vérifier que tous les services travaillent de la même façon, font remonter les incidents, répondent correctement aux appels », a-t-elle précisé.

La ministre n’a en revanche pas annoncé de moyens supplémentaires pour le Samu, ni humains, ni financiers. « Cela n’a pas été l’objectif de la rencontre », a-t-elle affirmé, sans toutefois l’exclure à terme.

« Si à l’issue de tout cela, ça nécessite des moyens supplémentaires, notamment sur la formation des professionnels, il y aura des moyens dégagés », a-t-elle assuré.

La question d’une réforme structurelle n’est « pas posée aujourd’hui », et « ce n’est pas parce qu’il existe aujourd’hui un dysfonctionnement (…) qui révèle des failles dans l’organisation qu’il faut remettre à plat tout un système qui fonctionne », a-t-elle tranché.

Améliorer le service « sans attendre de catastrophe »

« Nous avons dans cette dramatique affaire un devoir collectif, qui est d’améliorer (…) la qualité de la prise de l’appel, mais également toute la chaîne de signalement des problèmes », a déclaré à l’issue de la réunion François Braun, président de Samu-urgences de France, estimant avoir été « très bien entendu » par la ministre.

« L’assurance qualité » pourra passer par des réunions de service, les « retours d’expérience » des professionnels, mais également par l’analyse « systématique » des enregistrements lorsqu’un problème est détecté, par exemple lorsqu’un patient arrive aux urgences « dans un état inquiétant », après avoir tenté d’appeler mais « sans avoir été pris en charge par une équipe de réanimation », a-t-il détaillé. Ce suivi existe dans certains Samu mais « doit devenir une routine » pour améliorer le service « sans attendre de catastrophe », a déclaré Pierre Carli, président du Conseil de l’urgence hospitalière (CNUH).

« Comme on certifie les blocs opératoires, on certifiera les Samu très rapidement, et ceci sécurisera considérablement la réception de ces appels », a-t-il ajouté.

Saluant la « décision de la ministre » sur les problématiques à traiter « à moyen terme », Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, a néanmoins pointé le besoin, à « long terme », de « discuter le fonctionnement des Samu » et les « moyens » alloués.

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