Toulouse: L’étudiant, blessé en marge de l’évacuation du campus du Mirail, assure s’être «vu mourir»

UNIVERSITE Mercredi, en marge de l’évacuation de l’université Jean-Jaurès, un étudiant a été blessé par une grenade de désencerclement lors de son interpellation à Matabiau. Il a donné sa version des faits ce vendredi…

B.C.

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L'entrée de l'université Toulouse 2 Jean-Jaurès, bloquée depuis le 6 mars.
L'entrée de l'université Toulouse 2 Jean-Jaurès, bloquée depuis le 6 mars. — H. Menal - 20 Minutes

« Je me suis vu mourir, je n’arrivais plus à respirer, je n’avais qu’un filet d’air ». Ces mots, ce sont ceux de Guilhem, un étudiant de l’université Jean-Jaurès, blessé mercredi matin en gare Matabiau après le déclenchement accidentel d’une grenade de désencerclement.

Ce sont ses avocates qui ont publié ce vendredi son témoignage sur les réseaux sociaux pour donner la version de ce jeune homme, toujours hospitalisé pour soigner des plaies au thorax et brûlures. Le site Lundimatin a aussi relayé son récit et publié des photos de Guilhem sur son lit d’hôpital.

Il se rendait à une AG décentralisée en gare Matabiau, lorsque les forces de l’ordre ont voulu procéder à son interpellation pour des dégradations qu’il aurait commises en amont et qu’il considère lui comme « une agression ».

Enquête de l’IGPN

C’est à ce moment-là que le dispositif de désencerclement de l’un des policiers aurait explosé accidentellement, blessant aussi légèrement deux membres des forces de l’ordre.

Le jour même, le parquet de Toulouse a ordonné une enquête « en recherche des causes des blessures ». Cette enquête a été confiée à la fois à l’IGPN, la police des polices, qui devait entendre l’étudiant ce vendredi selon le parquet de Toulouse, et à la sûreté départementale de Haute-Garonne. Lors de son arrestation, Guilhem affirme qu’il ne s’agissait pas d’un affrontement. Et qu’il s’est retrouvé menotté une partie de la matinée malgré ses blessures.

Un « accident de grenade » ?

Ses deux avocates indiquent avoir « pris acte de la saisine de l’IGPN par les autorités judiciaires ». Elles s’interrogent cependant sur « l’orientation qui pourrait être prise par cette enquête, et notamment le fait de savoir si elle aura pour objectif de désigner Guilhem comme auteur ou victime présumée ».

Et elles s’étonnent au passage qu’un « accident de grenade » puisse survenir lors d’une opération de maintien de l’ordre.

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