VIDEO. «Elle a eu un geste de défense»... Près d'un siècle après, l'affaire Seznec enfin résolue?

JUSTICE Les petits-fils de Guillaume Seznec expliquent que leur grand-mère a été sexuellement agressée et qu’elle aurait tué le conseiller général Quémeneur en état de légitime défense…

H. B.

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Photos anthropométriques attribuées de Guillaume Seznec.
Photos anthropométriques attribuées de Guillaume Seznec. — DALMAS/SIPA

Ce pourrait être l’épilogue d’une des plus grandes affaires judiciaires françaises encore non résolues. Gabriel et Jean-Yves Seznec, les petits-fils de Guillaume Seznec, condamné en 1923 à 20 ans de bagne pour le meurtre du conseiller général du Finistère Pierre Quémeneur, ont révélé leur lourd secret de famille au magazine 19h le dimanche, diffusé ce dimanche sur France 2.

Selon eux, le fait divers le plus marquant du XXe siècle résulterait en fait d’ une agression sexuelle commise sur Marie-Jeanne Seznec par Pierre Quéméneur. Les petits-fils parlent d’un « geste de défense » de la part de leur grand-mère qui aurait provoqué la mort du conseiller général.

« J’ai envie que la vérité se sache… »

« Maintenant, je me dis qu’il faut dire l’information que nous a donnée notre père, et ce sont plus que des informations, pour nous, pour les autres, pour la vraie vérité. J’ai envie que la vérité se sache… », affirme Jean-Yves Seznec. Leur père Guy Seznec leur a ainsi confié ce qu’il s’était passé ce jour-là, le dimanche 27 mai 1923 : « Papa, il m’avait dit : "C’est une affaire toute simple, ça je me souviens de ses mots, c’est une affaire toute simple qui a été compliquée à outrance" ».

« C’était un dimanche. Il jouait dehors dans la cour et il a entendu sa mère crier, se débattre. Elle se faisait agresser en gros. En allant à la fenêtre, il a vu Quémeneur par terre, allongé, recroquevillé. La bonne aussi était là. Et Quémeneur était mort », raconte l’autre petit-fils Seznec, Gabriel.

« C’est un homicide involontaire finalement »

« La grand-mère s’est défendue, elle a eu un geste de défense », raconte Jean-Yves Seznec. « Notre père n’a pas vu tomber Quémeneur, mais il était par terre quand il a regardé par la fenêtre. Cela a duré quelques secondes entre le moment où sa mère a crié et celui où il a regardé à la fenêtre. »

« Sa mère lui a dit qu’elle avait levé la main parce que Quémeneur l’avait agressée un peu, enfin, tripotée… Et il ne s’est jamais relevé », ajoute Jean-Yves Seznec, expliquant ainsi qu' « ils n’ont pas voulu sa mort », et qu’il s’agissait d'« un homicide involontaire finalement. »

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Ces témoignages viennent confirmer la théorie développée par Denis Langlois, l’ex-avocat de la famille Seznec, auteur du livre Pour en finir avec l’affaire Seznec paru en 2015. Dans cet ouvrage, il publie notamment la retranscription d’un enregistrement audio dans lequel on entendrait les confidences de Guillaume Seznec.