Château de Versailles: Un vendeur à la sauvette renversé par la police, l'IGPN saisie

ENQUETE La victime, de nationalité sénégalaise, était poursuivie par deux fonctionnaires à pied et un fourgon dans une rue non loin du château…

H. B. avec AFP

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 Le Château de Versailles, le 11 septembre 2015.
Le Château de Versailles, le 11 septembre 2015. — PATRICK KOVARIK / AFP

« C’est très dur, c’est la tristesse »… Les vendeurs à la sauvette près du Château de Versailles sont en deuil après la mort récente d’un des leurs, renversé par un fourgon de police alors qu’il tentait d’échapper à un contrôle.

Dimanche 29 avril, l’un de ces vendeurs a pris la fuite en courant pour échapper à un contrôle d’identité. Poursuivi par deux fonctionnaires à pied et un fourgon dans une rue non loin du château, il a « traversé la route subitement » devant le véhicule qui n’a pas pu l’éviter, selon la police.

« On est en colère, mais on n’est pas des hommes violents »

Ismaëla Deh, 58 ans, a succombé à ses blessures le lendemain soir dans un hôpital parisien. Depuis, une enquête pour « homicide involontaire » a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

« On est en colère, mais on n’est pas des hommes violents », résume un vendeur de 35 ans, sac en bandoulière et grappes de porte-clés à la main, qui parle d’un « choc psychologique. »

Marié, il était père de 8 enfants au Sénégal

La victime, de nationalité sénégalaise, avait commencé à vendre sur la place d’Armes, devant le Château de Versailles, depuis « deux, trois mois », estiment les vendeurs. Selon sa sœur, Aïssata, il était en France depuis dix-huit ans mais n’avait pas de titre de séjour. Il a longtemps été plongeur dans des restaurants, faisant des allers-retours saisonniers entre Cannes et Mantes-la-Jolie (Yvelines), où vit sa famille depuis quarante ans, dit-elle.

Marié, il était père de 8 enfants au Sénégal. « La France a tué leur père », s’emporte-t-elle, « très en colère ». « Un enfant de tirailleur sénégalais tué en France, c’est une honte pour la France », lance-t-elle. « Il faut que justice soit faite ».