Agression de policiers à Champigny: Le long travail de recoupement des enquêteurs

ENQUÊTE Quatorze personnes ont été interpellées ce mardi matin et placées en garde à vue...

Caroline Politi

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Des policiers sur les lieux de l'agression de deux de leurs collègues à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) en marge d'une soirée de Nouvel An.
Des policiers sur les lieux de l'agression de deux de leurs collègues à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) en marge d'une soirée de Nouvel An. — THOMAS SAMSON / AFP
  • Le soir du Nouvel an, deux policiers avaient été violemment agressés à Champigny-sur-Marne.
  • Les vidéos des agressions avaient abondamment circulé sur les réseaux sociaux. 
  • Quatorze personnes ont été placées en garde à vue ce mardi.

C’est à un  travail de fourmi que se sont livrés les enquêteurs depuis plus de quatre mois pour identifier les auteurs de la violente agression de deux policiers le soir du Nouvel an, à Champigny-sur-Marne. Et leur travail pourrait avoir porté leurs fruits. Quatorze personnes ont été interpellées ce mardi matin  dans plusieurs départements d’Ile-de-France. « Ces interpellations témoignent de l’engagement constant des enquêteurs pour, sous l’autorité des magistrats, identifier les auteurs de ces actes », s’est félicité le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, dans un bref communiqué.

Tous ont été placés en garde à vue pour violences en « réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique », « non-assistance à personne en danger » et « enregistrement ou diffusion d’images de violences ». Les perquisitions au domicile des suspects ont notamment permis de « retrouver les tenues vestimentaires portées par certains au moment des faits » et une grenade de désencerclement probablement dérobée lors de l’agression, a détaillé une source proche de l’enquête. Parmi les interpellés, plusieurs sont connus des services de police, principalement pour des faits de droits communs.

Un long travail d’identification

La rixe a démarré quelques minutes avant minuit aux abords d’un hangar transformé sans autorisation en salle de fête pour la Saint-Sylvestre. Vers 23h40, une patrouille est appelée car un groupe d’individus, furieux de ne pas pouvoir entrer, tente de forcer l’entrée. Mais à peine arrivé, les deux policiers sont roués de coups par une quinzaine de personnes. La gardienne de la paix, qui n’affichait qu’un an d’expérience, essuie des coups de pied et de poing alors qu’elle est au sol. Son capitaine a eu le nez fracturé. Tous deux se sont vus prescrire sept et dix jours d’interruption totale de travail. « Les coupables du lynchage et criminel des policiers faisant leur devoir la nuit du 31 seront retrouvés et punis », avait immédiatement réagi Emmanuel Macron sur Twitter.

Mais le travail d’identification n’était pas chose aisée. Si de nombreuses vidéos de l’agression ont circulé sur les réseaux sociaux, les films étaient souvent flous, mal cadrés. Comme c’est souvent le cas dans ce genre d’affaire, lorsqu’aucun visage n’apparaît nettement, les enquêteurs cherchent à mettre en lumière des signes distinctifs, qu’ils soient physiques ou vestimentaires, qui peuvent ensuite être recoupés avec des images plus nettes, notamment de vidéosurveillance. A cette exploitation vidéo, s’ajoute le travail de la police technique et scientifique. De nombreux prélèvements ont été faits, notamment autour des voitures détériorées. Ces pistes sont enfin recoupées par l’étude de la téléphonie qui permet notamment de dire si le téléphone d’un individu a « borné » dans la zone.

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