Attentat de Magnanville: Six personnes placées en garde à vue, dont une policière et sa fille

TERRORISME Les enquêteurs cherchent toujours à déterminer pourquoi le couple de policiers a été visé...

Caroline Politi et Thibaut Chevillard

— 

Le couple de policiers tués à Magnanville
Le couple de policiers tués à Magnanville — DOMINIQUE FAGET / AFP
  • Le 13 juin 2016, Jean-Baptiste Salvaing et sa compagne Jessica Schneider étaient assassinés chez eux.
  • Leur meurtrier, Larossi Abballa, avait revendiqué son acte au nom du groupe État islamique.

L'enquête sur l'attentat de Magnanville, dans les Yvelines, a pris un tournant inattendu ce lundi. Six personnes, dont une major de police et sa fille, ont été interpellées au petit matin dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du policier et de sa compagne dans leur pavillon en juin 2016, a appris 20 Minutes de sources concordantes. Le coup de filet vise notamment à déterminer pourquoi le meurtrier, Larossi Abballa, a spécifiquement visé ce couple de fonctionnaires.

Une policière et sa fille parmi les gardés à vue

Trois hommes et trois femmes ont été interpellés par les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (Sdat), service qui coordonne les investigations. Parmi elles, figure Maryline B., major de police des Yvelines âgée de 48 ans, également ancienne déléguée du syndicat Alliance Police nationale, a appris 20 Minutes de sources concordantes, confirmant une information de L'Express. « Je la connais bien, je l’imagine mal impliquée dans cette affaire, d’autant qu’elle a longtemps défendu les revendications d’Alliance, un syndicat qui demande plus de moyens pour les services qui luttent contre le terrorisme », confie Frédéric Lagache, son secrétaire général adjoint.

Au cours de l’année 2016, les enquêteurs ont découvert que la fonctionnaire avait hébergé une amie de sa fille fichée « S » en raison de sa radicalisation. « Il s’agissait d’une jeune fille qui avait été mise à la porte par sa famille, elle l’a hébergée un temps à la demande de sa fille. Mais elle n’a jamais constaté de signe de radicalisation chez elle et ne savait pas qu’elle était fichée », poursuit le syndicaliste.

A l'époque, l’enquête de l’IGPN - la police des polices - avait conclu à l’absence d’infraction et la fonctionnaire, actuellement en poste au Centre de rétention administrative de Plaisir, avait été promu peu au grade de major. Selon le responsable syndicale, Maryline B. avait néanmoins décidé de quitter peu après cette affaire le syndicat «pour ne pas lui porter préjudice». 

Comment le djihadiste a ciblé le couple de fonctionnaires ?

A ce stade des investigations, les enquêteurs restent particulièrement prudent sur son degré d'implication. La fille de la fonctionnaire ainsi que son amie qui fut un temps hébergé par Maryline B. font également partie des gardées à vue. Selon une information de France Info, cette dernière, fichée « S » connaissait le terroriste Larossi Abballa. La fille de la policière n'était, en revanche, pas fichée, indique une source proche de l'enquête à 20 Minutes

Le 13 juin 2016, Larossi Abballa a assassiné à leur domicile Jean-Baptiste Salvaing, commandant de police et adjoint du commissariat des Mureaux et sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agent administratif du commissariat de Mantes-la-Jolie. On ignore encore, à ce stade des investigations, pourquoi Larossi Abballa a ciblé ce couple et comment il a été informé de leurs qualités de policier. Avant d’être abattu par le Raid, il avait revendiqué son acte au nom du groupe État islamique.

>> A lire aussi : VIDEO. Policiers tués à Magnanville: L'emploi du temps du nouveau suspect au cœur de l'enquête

>> A lire aussi : Policiers tués à Magnanville: «Depuis l'attentat, j'ai interdit aux enfants de dire que nous sommes policiers»

>> A lire aussi : Policiers tués à Magnanville: Confondu par son ADN, un nouveau suspect interpellé