Ce que l'on sait après la mort de trois enfants empoisonnés à Mérignac

INFANTICIDE Alors que la mère, soupçonnée d’avoir empoisonné ses trois enfants mercredi à Mérignac dans la banlieue de Bordeaux, est sortie du coma jeudi et a été placée en garde à vue, « 20 Minutes » fait le point sur l’enquête…

Mickaël Bosredon

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Bordeaux, 23 juin 2011. - Hopital Pellegrin de Bordeaux.  Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 23 juin 2011. - Hopital Pellegrin de Bordeaux. Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • La mère de famille, infirmière dans le civil, aurait injecté une dose d’un puissant anesthésiant à chacun de ses enfants.
  • Dans la lettre retrouvée à côté d’elle, la femme de 42 ans exprime son « mal-être ».
  • Une cellule de soutien psychologique a été mise en place dans l’école des trois enfants.

Que s’est-il passé mercredi après-midi, dans cette maison de Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux, après qu’un père de famille a retrouvé ses trois enfants décédés, et sa femme inanimée ? La mère, soupçonnée de ce triple homicide, est sortie du coma jeudi et a été placée en garde à vue, révèle ce vendredi matin Sud Ouest. Le point sur l’enquête.

Une macabre découverte

Il est environ 15 h 30 mercredi lorsqu’un père de famille, un pompier – qui vient d’achever une journée de formation professionnelle – rentre chez lui. Dans la maison familiale située quartier du Chemin-Long à Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux, c’est une scène d’horreur qu’il découvre : ses trois enfants et sa femme gisent inanimés. Les deux garçons de 5 et 9 ans et la petite fille de 8 ans se trouvent sur un lit. Ils sont décédés. La mère de famille, 42 ans, se trouve, elle, dans une pièce à côté, dans le coma. A côté se trouve une lettre, dans laquelle la femme exprime son « mal-être »… Son mari appelle les secours, et elle est transférée dans un état grave au CHU de Pellegrin.

La mère soupçonnée

Outre la lettre qu’elle a laissée, plusieurs éléments portent à croire que c’est bien la mère qui est l’auteure de ce triple homicide. Du matériel de perfusion et des médicaments utilisés par les professionnels de santé ont été saisis par la police à l’intérieur de la maison. « Le médicament est un anesthésiant très puissant, indisponible en pharmacie », a précisé le procureur de la République, Marie-Madeleine Alliot à Sud Ouest. Infirmière de profession, la mère aurait subtilisé ce matériel au CHU de Bordeaux où elle travaille. Elle aurait ensuite injecté une dose de ce puissant anesthésiant à chacun de ses enfants, avant de s’en administrer elle-même.

Autopsies ce vendredi

Le parquet a précisé à 20Minutes que l’on ne pouvait pas, à ce stade de l’enquête, se contenter de l’écrit laissé par la mère et a avancé que des investigations plus poussées avaient été lancées. Les enquêteurs de la brigade départementale de protection de la famille (BDPF) de la Sûreté départementale ont entendu l’entourage proche et certains membres de la famille. Ils se sont également rendus au CHU pour questionner le personnel. Les autopsies des corps des enfants, qui devaient être pratiquées jeudi, auront finalement lieu ce vendredi et devraient notamment permettre de vérifier qu’il n’y a pas une autre cause de décès. Des analyses anatomopathologiques et toxicologiques suivront. La mère sortie du coma jeudi, a été placée sous le régime de la garde à vue. Son audition est très attendue et permettra évidemment d’en savoir plus. Son état de santé lui permettra-t-il toutefois de parler ce vendredi ? Rien n’est moins sûr.

Une famille sans histoire

« Ce n’est pas une famille qui faisait l’objet d’un suivi particulier », a précisé le parquet de Bordeaux et la mère n’était pas « désinsérée » socialement. Le voisinage n’avait pas non plus noté de problème particulier. Le maire de Mérignac Alain Anziani a fait part « de la profonde émotion qui a envahi la ville après la mort » de ces trois enfants. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place par l’Education nationale à destination du personnel enseignant et du personnel municipal.