Toulouse: Un journaliste azeri victime de coups de feu à Colomiers, sa femme est décédée

FAITS DIVERS Rahim Namazov, une journaliste azeri réfugié à Toulouse, circulait avec sa femme vendredi matin en voiture à Colomiers où ils ont été pris pour cible par des tirs d'arme à feu...

J.R. avec AFP

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Un enquêteur de la police judiciaire (illustration).
Un enquêteur de la police judiciaire (illustration). — Elisa Frisullo / 20 Minutes
  • Le journaliste, réfugié à Toulouse depuis 2010 avec sa famille, a été visé vendredi par des coups de feu alors qu’il circulait en voiture avec sa femme.
  • Touchée d’une balle dans la tête, son épouse est décédée.
  • Le pronostic vital du journaliste, touché au dos, est engagé.

Un journaliste azéri, réfugié à Toulouse avec sa famille depuis 2010, a été visé vendredi matin par des coups de feu à Colomiers, commune limitrophe de Toulouse (Haute-Garonne), vers 9 heures. Rahim Namazov était accompagné de sa femme, Aida, qui a été touchée par les tirs et est décédée.

Expulsé de son pays

Le couple était en voiture, sur l’allée Blaise Pascal, quand il a été pris pour cible par sept coups de feu. Selon le parquet de Toulouse, « un individu accompagné d’un complice, en position d’attente dans une voiture stationnée non loin, a tiré à plusieurs reprises au moyen d’une arme de poing ». Le journaliste a été touché par un tir dans le dos. Son pronostic vital est engagé. Selon le parquet de Toulouse, « la femme du journaliste a été atteinte d’une balle dans la tête ».

Malgré ses blessures, Rahim Namazov a continué sa route vers l’hôpital Purpan où ils ont été tous les deux admis. Sa femme est décédée des suites de ses blessures en début d’après-midi.

Une plainte déposée le 13 mars

La police judiciaire est chargée de l’enquête sur cette fusillade. Le 13 mars dernier, le parquet avait reçu une plainte émanant de l’avocat du couple, dénonçant notamment des menaces de mort proférées par téléphone. L’enquête consécutive à cette plainte avait été confiée au Service régional de police judiciaire qui avait entendu le journaliste azeri. Il avait alors expliqué que les menaces qu’il subissait, lui et sa famille, pouvaient être en lien avec son activité de journaliste qu’il avait exercé dans son pays d’origine et qu’il poursuivait en France sur les réseaux sociaux.

Rahim Namazov a été expulsé de son pays, l’Azerbaïdjan, où il était emprisonné et menacé de mort. Dans une vidéo postée sur Youtube le 23 décembre 2010 après son arrivée en France, il déclarait avoir « écrit dans son journal qu’il fallait s’attendre une nouvelle fois à des élections truquées et illégales ».

« C’est pour cela que j’ai été arrêté trois fois, emprisonné 10 jours de suite à chaque fois, déclarait le journaliste dans cette vidéo. La dernière fois, on m’a passé à tabac. On m’a cassé une dent. Ils m’ont prévenu : après les élections, tu vas mourir et ta famille aussi. Parce que tu nous gênes. Après ces menaces, j’ai décidé de m’enfuir ». Il bénéficiait du statut de réfugié en France depuis 2012. Le couple a trois enfants.