Guadeloupe: Un gendarme mis en examen pour «homicide volontaire» après la mort d'un suspect

JUSTICE Un Azuréen de 35 ans suspecté de vol avec violence avait été abattu il y a deux semaines...

20 Minutes avec AFP

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Un véhicule de gendarmerie (illustration).
Un véhicule de gendarmerie (illustration). — F. Lodi / Sipa

La thèse de la légitime défense n’a pas convaincu. Un gendarme de 27 ans, commandant de la compagnie de Baie-Mahault (centre de la Guadeloupe) a été mis en examen pour « homicide volontaire » et « incarcéré », deux semaines après la mort par balles d’un suspect, lors d’une intervention, a-t-on appris mercredi de sources concordantes

Au cours d’une intervention, le 11 mars, vers 21 heures, avec un collègue, en voiture banalisée, dans une affaire de cambriolages et vols avec violences, le gendarme avait tiré « à sept reprises » sur un homme au volant d’une voiture suspecte.

La légitime défense avait été avancée par l’officier, expliquant que l’homme leur avait « foncé » dessus. Cependant, il ressort des différentes investigations qu'« il n’était pas forcément en danger lorsqu’il a tiré », selon une source proche du dossier, confirmant une information de Radio Caraïbes International (RCI).

Tirs à « une distance très proche »

Sur les sept balles tirées, deux ont atteint l’homme suspecté « en plein coeur et poumon à une distance très proche », selon la même source. Afin d’éclaircir des zones d’ombre dans le déroulé des faits, l’Inspection Générale de la Gendarmerie a été saisie par le Procureur de la République de Pointe-à-Pitre.

Le gendarme, placé brièvement en garde à vue le 11 mars, a alors été entendu une nouvelle fois pour des « auditions plus poussées en fin de semaine dernière », aboutissant à sa mise en examen quelques jours plus tard, avec « mandat de dépôt ». « L’individu abattu par le gendarme était bien en possession d’une arme retrouvée à bord du véhicule faussement immatriculé, mais celle-ci était dans la boîte à gant. Il n’en a donc pas fait usage », selon RCI.

Diplômé de Saint-Cyr

L’homme abattu, âgé de 35 ans, avait été condamné « huit fois à des peines de prison ferme ou du sursis, notamment pour des affaires de stupéfiants, vol, recel, dans le Sud », avait indiqué après les faits, à l’AFP Xavier Bonhomme, procureur de la République de Pointe-à-Pitre. Le trentenaire avait été condamné pour la dernière fois « à Nice en mars 2016 », et se trouvait par conséquent en Guadeloupe « depuis pas très longtemps », selon la même source. Le mis en examen, jeune officier de gendarmerie, diplômé de Saint-Cyr, en était à son deuxième poste.