Attentat dans l'Aude: L’inquiétant profil de Marine P., la petite-amie du terroriste

TERRORISME En garde à vue, la jeune femme âgée de 18 ans, a reconnu « adhérer » aux thèses de Daesh, confie un enquêteur…

Thibaut Chevillard

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Les locaux de la DGSI à Levallois-Perret.
Les locaux de la DGSI à Levallois-Perret. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Radouane Ladkim a tué quatre personnes, vendredi à Trèbes et à Carcassonne, dans l’Aude. Après avoir pris des otages dans un supermarché, il a été abattu lors de l’assaut du GIGN.
  • L’attentat a été revendiqué dans la foulée par Daesh.
  • La femme qui partageait sa vie a été placée en garde à vue puis mise en examen ce mardi.

Elle a immédiatement donné le ton. Vendredi, en fin d’après-midi, lorsque les policiers se sont présentés à son domicile, Marine P., 18 ans, les a accueillis en criant « Allah akbar ». La jeune fille, qui est la petite amie de Radouane Lakdim depuis trois ans environ, a été placée en garde à vue quelques heures après que le djihadiste a tué quatre personnes et en a blessé quatre autres à Carcassonne et à Trèbes, dans l’Aude.

A son issue, mardi soir, elle a été déférée au parquet de Paris et mise en examen du chef d’association de malfaiteurs terroristes en vue de préparer des crimes d’atteintes aux personnes. « Elle a sollicité un débat différé sur son placement en détention provisoire », précise à 20 Minutes une source judiciaire.

Depuis quatre jours, les enquêteurs tentaient de déterminer le degré d’implication de cette jeune femme dans l’attentat commis la semaine dernière dans l’Aude par Radouane Lakdim et revendiqué par Daesh. Auditionnée dans les locaux que partagent la Sdat (sous-direction antiterroriste) de la police judiciaire et la  DGSI, à Levallois (Hauts-de-Seine), elle a nié, selon nos informations, avoir été au courant du projet d’attaque de son petit ami.

Mais si cela avait été le cas, elle n’aurait rien dit à personne, a-t-elle expliqué froidement aux enquêteurs de la police judiciaire. Avant d’ajouter qu’elle cautionnait les attentats commis en France contre les « mécréants ». Selon elle, il s’agit de venger les « frères qui sont tués en Syrie », confie à 20 Minutes une source proche du dossier, précisant qu'elle « adhère » complètement aux thèses de Daesh.

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Originaire de Carcassonne, Marine P. « présente tous les signes d’une radicalisation », a également déclaré lundi soir François Molins, le procureur de la République de Paris, lors d’une conférence de presse. Elle a aussi indiqué aux enquêteurs s’être convertie à l’Islam il y a deux ans, à l’âge de 16 ans, et prôner le djihad armé.

Très active sur les réseaux sociaux, elle revendique sur Facebook être une sympathisante de l’Etat islamique. Depuis l’année dernière, elle est fichée « S » - pour « sûreté de l’État » - et a aussi fait l’objet d’un suivi par la DGSI de l'Aude, tout comme Radouane Lakdim. Mais pour les services, elle n’était pas considérée comme une menace potentielle.

Très active sur les réseaux sociaux

Marine P., qui n’a pas d’antécédents judiciaires, a également affirmé aux enquêteurs qu’elle n’avait plus de contacts téléphoniques avec Radouane Lakdim depuis janvier dernier. Ce que semble confirmer l’examen de sa téléphonie. Comment l’expliquer ? Il est vrai que tous deux entretenaient une « relation épisodique », relate à 20 Minutes une autre source policière.

Mais les enquêteurs se demandent aussi si cette jeune femme, qui était sans emploi, ne communiquait pas ces dernières semaines avec lui via des applications cryptées. Ils ont notamment constaté, détaille François Molins, qu’elle avait posté, quelques heures avant le début de l’attaque, une sourate « promettant l’enfer aux mécréants ». Un hasard ?

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Les propos que Marine P. a tenus en garde à vue tranchent avec le portrait que sa sœur fait d’elle. Selon cette dernière, qui s’est confiée ce mardi à l’AFP, Marine, née en novembre 1999, n’était pas radicalisée. Titulaire d’un BEP vente, elle ne se rendait « jamais à la mosquée », « faisait la prière le matin » puis passait du temps à regarder des « films du Netflix » en fumant des cigarettes. « Son meilleur ami est homosexuel. »

« Manipulée »

Pourquoi Marine, « jolie, souriante, discrète », s’est-elle « mise avec un mec comme ça ? » se demande néanmoins sa sœur aînée. Elle n’est « jamais allée chez lui, il n’est jamais venu ici », dans l’appartement de leurs parents « qui ne sont pas croyants », situé dans un logement social, à proximité du cimetière de Carcassonne. Avant de conclure : « Elle a peut-être eu des propos extrêmes, mais elle n’est pas une criminelle, elle a été manipulée. »