Saint-Denis: La directrice et deux animateurs d'un centre de loisirs agressés par quatre hommes cagoulés et armés

VIOLENCES Quatre hommes cagoulés et armés se sont introduits lundi en fin de journée dans un centre de loisirs de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. La directrice et deux animateurs ont été violemment agressés…

Caroline Politi

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Deux animateurs et une directrice de centre aéré ont été violemment agressés à Saint-Denis (image d'illustration)
Deux animateurs et une directrice de centre aéré ont été violemment agressés à Saint-Denis (image d'illustration) — MEHDI FEDOUACH / AFP
  • Quatre hommes cagoulés et armés sont entrés dans le centre de loisirs alors qu’il y avait encore des enfants.
  • Ils ont agressé la directrice et deux animateurs et sont activement recherchés.
  • L’enquête est confiée au commissariat de Saint-Denis.

Il y avait bien eu quelques alertes ces derniers mois dans plusieurs établissements de Saint-Denis. Des coups de feu tirés à proximité d’une école maternelle le jour de la rentrée scolaire. Un début d’incendie et des tirs de mortier au sein d’un lycée quelques mois auparavant. « On a beau se préparer au pire, se répéter qu’un jour ça risque de mal, très mal, tourner, on n’était pas préparé à ça », confie un agent municipal.

Lundi, peu après 17 heures, quatre individus cagoulés ont fait irruption au centre de loisirs Descartes, à proximité du quartier populaire des Francs-Moisins, alors qu’une quinzaine d’enfants étaient toujours présents. Armés, selon les témoignages de deux crosses de hockey et d’une arme de poing – peut-être factice –, ils ont d’abord exigé de parler à une personne, indique une source proche de l’enquête. Mais l’absence de celle-ci a, semble-t-il, démultiplié leur violence.

« L’escalade de la violence a atteint un niveau inédit »

Les malfaiteurs se sont ensuite séparés. L’un d’entre eux a fait irruption dans le bureau de la directrice du centre aéré, en poste depuis une vingtaine d’années. Selon les premiers éléments de l’enquête, celle-ci a été frappée d’un coup de crosse au visage puis jetée à terre. Le malfrat l’aurait ensuite rouée de coups de pied avant d’emporter, un ordinateur portable, son téléphone et son sac à main.

D’autres individus s’en seraient pris, presque simultanément, aux animateurs, alors en activité avec les enfants, scolarisés à l’école primaire. Un animateur a été frappé à de plusieurs reprises avec une crosse de hockey, une autre a été violemment poussée. Une troisième est parvenue à écarter les jeunes élèves sur une mezzanine. « L’escalade de la violence a atteint un niveau inédit, se désole le maire PCF de la commun, Laurent Russier. C’est la première fois qu’une agression se produit dans un groupe scolaire devant des enfants. » Hasard du calendrier, l’édile était, le jour de l’agression, reçu par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb pour demander que l’expérimentation de la police de sécurité du quotidien soit étendue à Saint-Denis. « C’est malheureusement la preuve qu’il y a une nécessité. »

Aucune piste écartée, un mobile flou

Si l’attaque n’a duré qu’une dizaine de minutes – les quatre individus sont parvenus à prendre la fuite –, ce déchaînement de violences suscite l’incompréhension dans le quartier. Que voulaient-ils vraiment ? Pour l’heure, aucune piste n’est écartée mais l’hypothèse d’un tel déchaînement de violences pour un simple vol interroge. L’enquête a été confiée au commissariat de Saint-Denis, qui a diffusé un appel à témoins. La directrice et les deux animateurs ont été arrêtés une dizaine de jours et devaient être reçus ce mercredi par une unité médico-judiciaire afin que soit évaluée leur incapacité totale de travail (ITT).

Le centre a néanmoins été rouvert dès le lendemain. « Il était indispensable de montrer que le service public est plus fort que ces voyous et que nous n’abandonnons pas les familles », précise le maire de Saint-Denis. Deux cellules psychologiques – l’une pour les agents municipaux, l’autre à destination des enfants – ont été mises en place par la commune et l’éducation nationale et la présence policière a été renforcée. « Le problème, c’est que même si les rondes sont renforcées, on ne peut pas faire des établissements scolaires des lieux clos. Il y a toujours un moment où on doit ouvrir les grilles pour laisser rentrer les parents », s’inquiète un agent de la ville.

Un rassemblement est prévu vendredi matin à 8h30 devant l’établissement pour dénoncer ces violences et réclamer des moyens supplémentaires. Une rencontre avec le préfet est également prévue lundi sur le même thème.