Bretagne: «On a sali ma famille»... Denis Seznec a vécu un cauchemar pendant les fouilles

ENQUETE Le petit-fils de Guillaume Seznec, condamné en 1923 pour un meurtre, a mal vécu les fouilles menées dans l’ancienne maison familiale...

Propos recueillis par Camille Allain
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Denis Seznec, ici photographié en 2011, est le petit-fils de Guillaume Seznec, condamné au bagne en 1924 pour le meurtre de Pierre Quémeneur.
Denis Seznec, ici photographié en 2011, est le petit-fils de Guillaume Seznec, condamné au bagne en 1924 pour le meurtre de Pierre Quémeneur. — Bertrand Langlois / AFP

Pendant dix jours, les abords de la maison de ses grands-parents à Morlaix (Finistère) ont été creusés, fouillés, auscultés. Petit-fils de Guillaume Seznec, condamné en 1924 pour le meurtre de Pierre Quémeneur, Denis Seznec a assisté, impuissant, à l’emballement médiatique autour de cette affaire jamais élucidée.

Menées par un ancien avocat controversé de sa famille et d’autres particuliers, ces fouilles ont débouché sur la découverte d’ossements d’origine animale. Celui qui a consacré une bonne partie de sa vie à lutter pour faire innocenter son grand-père n’a guère apprécié. « J’ai eu l’impression de vivre un cauchemar ». Il témoigne.

Comment avez-vous vécu cette période de fouilles dans la maison de vos grands-parents ?

Au départ, ça m’a laissé indifférent. Je n’y croyais pas du tout et je préférais me tenir éloigné de cette histoire. Mais quand ils ont découvert le premier os et qu’on a laissé croire qu’il pouvait s’agir d’un humain, je l’ai mal vécu. Je n’ai jamais douté, mais j’ai eu l’impression de vivre un cauchemar.

Le nom de votre grand-père s’est de nouveau retrouvé dans tous les journaux.

On a sali ma famille, mes grands-parents. Si on suit la version de ces gens, ma grand-mère aurait refusé les avances d’un homme, avant de le tuer. Elle n’avait jamais été mise en cause. C’est donc elle qui aurait lancé le mouvement #balancetonporc ? Et mon grand-père l’aurait couverte pour la protéger en endossant la responsabilité ? On est en plein délire. Je pense aussi à la famille Quémeneur. Cette version faisait de lui un potentiel violeur. De quoi se mêlent-ils ?

Vous n’avez donc jamais cru à cette version ?

Absolument pas. Tout ce qu’ils ont trouvé, c’est un tas d’ordure. Pourquoi enterrer un homme juste à côté de sa maison quand on est à deux pas d’une rivière et de la mer ? Je ne comprends pas. Je ne vois pas pourquoi on a ciblé la maison de mes grands-parents. Cette affaire est très compliquée. Les gens aujourd’hui ne la connaissent pas. Ce que je veux, c’est être tranquille.

Où en sont vos recherches personnelles ?

Je vais me rendre à Traou-Nez [une maison que devait vendre Pierre Quémeneur au couple Seznec] avec des huissiers en avril. Nous allons y enregistrer le témoignage d’une femme de 103 ans qui aurait vu deux hommes courir l’un après l’autre. Elle avait déjà évoqué que l’un des deux avait un revolver. On interrogera sa fille pour voir si elle a toujours tenu cette version.