Affaire Seznec: Un deuxième fragment d'os humain retrouvé, la police sur place

ENQUETE Des fouilles sont menées pour élucider la disparition de Pierre Quémeneur datant de 1923...

C.A. avec AFP

— 

L'ancien avocat de la famille Seznec Denis Langlois, ici le 24 février 2018 devant l'ancienne maison familiale où des fouilles ont été menées.
L'ancien avocat de la famille Seznec Denis Langlois, ici le 24 février 2018 devant l'ancienne maison familiale où des fouilles ont été menées. — Fred Tanneau / AFP

Un deuxième élément et beaucoup d’espoir… Un deuxième fragment d’os a été découvert, dimanche, dans l’ancienne maison de la famille Seznec à Morlaix (Finistère) lors de fouilles entreprises pour retrouver le corps de Pierre Quémeneur, près d’un siècle après sa disparition. Après la découverte d’un premier os humain et d’un bout de pipe, les fouilles commencées samedi sur une initiative privée ont repris ce dimanche sous le contrôle de la police.

>> L'enquête sur l'affaire Seznec relancée près d'un siècle après

Les recherches visent à retrouver le corps de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère, qui aurait été tué en mai 1923. Son corps n’a jamais été retrouvé. Guillaume Seznec a été condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre mais a toujours nié les faits. Il était associé en affaires avec l’ancien conseiller général.

« On n’a pas creusé par hasard »

Jamais élucidée, cette affaire a pris une nouvelle tournure avec la publication en 2015 d’un ouvrage contenant le témoignage inédit d’un des enfants du couple Seznec, âgé de 11 ans au moment des faits. L’enregistrement avait été fait en 1978.

Bien décidé à connaître la vérité, l’auteur du livre Bertrand Vilain a initié et financé des fouilles avec d’autres bénévoles dans cette maison inoccupée. Un os humain et un morceau de pipe ont été découverts samedi. La police scientifique et la justice ont repris le contrôle du chantier. « Il y aura d’autres choses. On s’attendait à faire des découvertes à un mètre de profondeur et on trouve à la surface », estime Bertrand Vilain. « On avait une information solide, un témoignage précieux. On n’a pas creusé au hasard », a-t-il ajouté.

Dans son témoignage, le fils Seznec racontait avoir entendu sa mère repousser les avances d'un certain «Pierre», puis avoir vu Quémeneur par terre et sa mère debout devant lui. « Je crois qu’elle a dû se défendre et le frapper à la tête », racontait-il, selon le récit qu’en a fait Denis Langlois, ancien avocat de la famille, dans Pour en finir avec l’affaire Seznec.

Ces fouilles n’ont pas reçu le soutien de Denis Seznec, 71 ans, petit-fils de Guillaume Seznec, qui se bat depuis des années pour faire reconnaître l’innocence de son grand-père.