Accident à Millas: La conductrice du car maintient sa version devant les juges d'instruction

JUSTICE Elle est mise en examen pour « homicides et blessures involontaires par imprudence »...

20 Minutes avec AFP

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Sur les lieux de l'accident entre un car et un TER à Millas le 15 décembre 2017.
Sur les lieux de l'accident entre un car et un TER à Millas le 15 décembre 2017. — RAYMOND ROIG

La conductrice du car scolaire impliquée dans la collision avec un train régional en décembre à Millas (Pyrénées-Orientales) maintient sa version des faits. Lors de son audition ce mercredi à Théza, près de Perpignan, elle a réaffirmé que la « barrière (était) levée » a indiqué son avocat.

« Elle explique que les barrières étaient levées et que le feu ne fonctionnait pas », a déclaré Me Jean Codognès, à l’issue de l’audition, devant les deux juges d’instruction en charge de l’enquête sur l’accident qui a fait six morts.

Une audition « très compliquée » de plusieurs heures

Cette audition a eu lieu dans le centre de convalescence où la conductrice se trouve et non au tribunal de grande instance de Perpignan, comme prévu. Arrivés vers 11h00, les deux juges marseillaises ont quitté Théza peu après 17 heures sans faire de commentaire, a constaté un correspondant de l’AFP.

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La conductrice, mise en examen pour « homicides et blessures involontaires par imprudence » le 20 décembre, n’avait jusque-là été entendue que succinctement en raison de son état de santé.

Selon l’avocat, cette audition de plusieurs heures avec des intermèdes a été « très compliquée » et réalisée « en présence d’un psychiatre ».

Une version inchangée depuis le premier jour

Concernant l’enquête, l’avocat a affirmé que les témoignages n’étaient « pas concordants » et qu’on aurait une « idée plus précise » de ce qui « s’est passé après le rapport d’expertises ».

« Les expertises techniques qui ont été diligentées par les magistrats instructeurs ne sont pas encore rentrées », a-t-il précisé, félicitant les deux magistrats qui « mettent le paquet au niveau technique » pour connaître la vérité et ont nommé « des experts indépendants » de la SNCF.

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La mère de famille de 46 ans a affirmé depuis le premier jour que les barrières du passage à niveau étaient levées lors de la traversée de la voie par le car scolaire qu’elle conduisait. Elle assure également que le feu rouge du passage à niveau et la sonnerie d’alarme ne fonctionnaient pas.

Le 14 décembre, la collision avec un TER à un passage à niveau à Millas, après la sortie des classes du collège, a fait six morts et plusieurs blessés parmi les 23 collégiens transportés.

Selon l’avocate de certaines familles de victimes, Me Jehanne Collard, un audit interne de la SNCF indique que le passage à niveau fonctionnait bien, « les barrières étaient baissées, le feu rouge et le signal sonore fonctionnaient ».

La version de la conductrice contredit les premières « constatations matérielles » dont a fait état le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux, qui vont « plutôt dans le sens d’une barrière fermée », tout comme les témoignages du conducteur du TER et des chauffeurs des véhicules qui se trouvaient de l’autre côté de la voie ferrée.