VIDEO. Aulnay-sous-Bois: Un an après le début de l'affaire, Théo confronté à trois policiers

ENQUETE Ce mercredi, Théo est confronté dans le bureau du juge d'instruction à trois des quatre policiers mis en examen. Le dernier fonctionnaire n'a pas été convoqué...

Caroline Politi
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Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. François Hollande s'est rendu au chevet de Théo, blessé lors de son interpellation le 4 février.
Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. François Hollande s'est rendu au chevet de Théo, blessé lors de son interpellation le 4 février. — Arnaud Journois / LE PARISIEN / AFP

Coup d’accélérateur dans l’affaire Théo. Ce mercredi, le jeune Aulnaysien de 22 ans, grièvement blessé par un coup de matraque au niveau de la zone anale lors d’un contrôle de police, est entendu avec trois des quatre policiers mis en examen dans ce dossier. Le dernier, qui se trouvait de dos au moment du contrôle de Théo, n'a pas été convoqué, précise une source proche de l'enquête.

Cette confrontation, qui se tient à Bobigny, dans le bureau du juge d’instruction, a pour objectif de confronter les versions des uns et des autres - notamment concernant l’intentionnalité du geste - dans cette affaire particulièrement sensible. Les fonctionnaires sont poursuivis pour « violences volontaires aggravées », l’un d’entre eux est également mis en examen pour « viol ».

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Vers une requalification ?

Cette étape décisive dans l’enquête intervient moins d’une semaine après la réception d’une expertise judiciaire concluant que le coup de matraque était « conforme aux pratiques professionnelles ». Rédigé par un chirurgien viscéral, un médecin légiste et un expert du ministère de l’Intérieur, le rapport établi également que la matraque n’a pas directement pénétré l’anus mais une zone « périanale », ce qui a provoqué la rupture du sphincter et une déchirure du canal anal sur une dizaine de centimètres.

Selon Le Monde, le fonctionnaire mis en examen pour avoir porté le coup de matraque a indiqué, début février, lors de son audition devant les trois experts, avoir porté un « coup vigoureux et non retenu » dans le but de faire chuter Théo qui se débattait lors du contrôle d’identité. Les experts ne se prononcent néanmoins pas sur le fait de savoir s’il y a eu viol ou non. Si l’intention n’est pas retenue, les faits pourraient être requalifiés en violences ou actes de torture et de barbarie. « Ce n’est pas moins grave d’être victime d’actes de torture et de barbarie, de viol ou de violences policières en réunion », a estimé Antoine Vey, l’avocat du jeune homme auprès de l’AFP.