Gironde: Ce que l'on sait après la mort de l'ado suspecté d'avoir tué un gendarme et de son père

ENQUETE Alors que l'autopsie de l'adolescent et de son père, découverts morts mardi, doit avoir lieu ce mercredi, «20Minutes» fait le point sur l'affaire...

Mickaël Bosredon

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Gendarmerie (illustration)
Gendarmerie (illustration) — Elisa Frisullo / 20 Minutes
  • L'adolescent suspecté d'avoir mortellement fauché un gendarme, le 4 février dernier à Salles, a été retrouvé mort ainsi que son père, mardi matin.
  • L'enquête privilégie un homicide suivi d'un suicide.
  • L'adolescent avait été mis en examen pour homicide involontaire et placé sous contrôle judiciaire.

L’autopsie du père et de son fils âgé de 15 ans, retrouvés morts mardi matin dans un bois de Salles, dans le sud de la Gironde, aura lieu ce mercredi à l’institut médico-légal de Bordeaux. Le point sur l’affaire.

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Que s’est-il passé ? L’enquête privilégie la piste d’un homicide suivi d’un suicide : le père aurait tiré sur son fils, avant de se donner la mort. C’est un couple de chasseurs qui a trouvé les deux corps mardi vers 8h30 dans un bois de Salles. Selon le scénario que les enquêteurs ont pu reconstituer, le père de famille et son fils auraient quitté leur domicile familial lundi après-midi, prétextant rendre visite à une proche. « N’ayant pas de nouvelles de leur part, constatant l’absence d’un fusil de chasse et trouvant chez elle une lettre manuscrite de son conjoint laissée à son intention, la mère du mineur a décidé de signaler leur disparition à la gendarmerie de Biganos à 22h45 », indique le procureur de la République de Bordeaux, Marie-Madeleine Alliot.

Dans quel état d’esprit était la famille ? Depuis le drame du 4 février dernier, jour où l’adolescent qui conduisait un deux roues de 50 cm3, sans doute trafiqué, a percuté un gendarme lors d’un contrôle de vitesse à Salles, la famille était « anéantie », selon des témoignages de proches, recueillis par Sud Ouest. Le major David Lannes était décédé des suites de ses blessures le lendemain. « Depuis, des horreurs circulaient sur eux sur les réseaux sociaux, c’était très dur à vivre pour eux » affirme une habitante de Salles qui connaissait bien la famille, dans les colonnes de Sud Ouest. Le couple et leur fils étaient connus dans la commune, et appréciés. « Après avoir connu des difficultés, notamment de santé, ils remontaient à peine la pente quand tout a volé en éclats avec l’accident du 4 février », raconte encore une autre habitante.

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Comment ont réagi les gendarmes ? Même s’ils étaient endeuillés par la mort d’un des leurs, ils ont évidemment réagi de manière professionnelle à l’annonce de la disparition du père et de son fils, et tout mis en œuvre pour les retrouver. « La géolocalisation des portables des intéressés a été initiée sans délai et des recherches ont été entreprises en même temps par les gendarmeries de Gujan-Mestras et de Biganos » explique le parquet de Bordeaux. Mais elles se sont avérées compliquées en raison de l’existence à cet endroit de nombreuses zones boisées dont les accès étaient rendus difficiles en raison des récentes intempéries. Les recherches ont été interrompues dans la nuit de lundi à mardi à 4h15, et ont repris mardi matin à 7h30.

L’adolescent était-il au courant du projet suicidaire de son père ? Pour le moment l’enquête ne le dit pas. L’autopsie permettra peut-être, en analysant les impacts de tirs sur les corps, de répondre à cette question. Les investigations de la section de recherches vont par ailleurs se poursuivre et les enquêteurs continuer d’interroger les proches des deux défunts pour tenter d’éclaircir ce point.

Où en était l’enquête sur la mort du gendarme ? L’adolescent avait été mis en examen pour homicide involontaire aggravé, et placé sous contrôle judiciaire. Le parquet, qui avait demandé une qualification criminelle d’homicide volontaire, avait fait appel de cette décision, demandant notamment un contrôle judiciaire renforcé. Cet appel devait être examiné mardi après-midi par la chambre d’instruction de la cour d’appel de Bordeaux. Avec la mort de l’adolescent, l’action judiciaire dans cette affaire s’arrête net.