Affaire Maëlys: Quelles conditions de détention pour Nordahl Lelandais?

SOCIETE Cinq jours après l’hospitalisation de Nordahl Lelandais, qui a avoué avoir tué la petite Maëlys et qui est également soupçonné de l’assassinat d’Arthur Noyer, les questions autour de sa détention sont nombreuses…

Dylan Munoz

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L'ancien militaire de 34 ans Nordhal LELANDAIS, est a l'hopital  Vinatier a Lyon Bron depuis vendredi soir. 
ALLILIMOURAD/Credit:ALLILI MOURAD
L'ancien militaire de 34 ans Nordhal LELANDAIS, est a l'hopital Vinatier a Lyon Bron depuis vendredi soir. ALLILIMOURAD/Credit:ALLILI MOURAD — SIPA
  • Nordahl Lelandais a été hospitalisé à l’unité hospitalière spécialement aménagée à Lyon, vendredi soir.
  • Les familles de la petite Maëlys et de Arthur Noyer ont peur que Nordahl Lelandais ne se suicide.
  • Des syndicats pénitanciaires expliquent qu'il est difficile de surveiller un détenu de façon plus stricte.
  • Selon Marc Auray, délégué CGT du personnel du Vinatier, le personnel manque dans la structure pyschiatrique.

Tous les regards sont braqués sur Nordahl Lelandais, hospitalisé vendredi soir à l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) à Lyon. Presque six mois après la disparition de la petite Maëlys, l’ancien militaire a fini par avouer le meurtre de la jeune fille.

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Alors qu’il doit être entendu ce jeudi par le juge d’instruction à ce sujet, les parents de l’enfant redoutent qu’il mette fin à ses jours. Ceux d’Arthur Noyer (pour lequel Nordahl Lelandais est soupçonné d’assassinat) aussi. Lundi, ils ont « imploré » les services pénitentiaires de le « surveiller » jusqu’à ce qu’il avoue, pour « qu’il ne puisse au gré d’une inattention fuir lâchement ses responsabilités ».

Un cas comme un autre

Depuis son placement en détention, Nordahl Lelandais fait-il l’objet d’une surveillance accrue ? A moins que les médecins ne le déclarent instable, ou qu’il représente un danger pour lui-même, il ne bénéficierait pas d’un traitement de faveur, à en croire les syndicats. « Des gens comme lui, on en a déjà eu, il n’est pas différent d’un autre. Seulement ici l’affaire a été très médiatisée », répond Dominique Verrière, secrétaire régional du syndicat pénitentiaire UFAP-UNSa.

« Malheureusement on en a déjà eu des suicides. On a réussi à en sauver d’autres. Même si on fait des rondes toutes les quarante-cinq minutes ou moins, il faut deux minutes pour se suicider », confie Dominique Verrière, ajoutant un brin fataliste : « Ce n’est pas avec le peu de moyen qu’on a qu’on pourra faire quelque chose en plus. »

Une surveillance compliquée due au manque de moyens

Pour l’heure, l’ancien militaire qui aurait fait l’objet de menaces de mort de la part de ses codétenus lorsqu’il était incarcéré à la prison de Saint-Quentin-Fallavier, est actuellement détenu au Vinatier.

« Il est isolé dans une cellule individuelle, capitonnée et surveillée », rapporte Christophe Chavanne, membre du syndicat FO des services pénitentiaires. Selon lui, le suspect fait l’objet d’une « surveillance particulière avec des rondes plus fréquentes que les trente minutes réglementaires ». Et d’insister sur le fait que c’est « le juge lui-même qui décidera du prolongement de sa détention en isolement ».

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« Il ne me semble pas qu’on a déployé plus d’agents sur ce cas-là »

Si tout porte à croire que Nordhal Lelandais est sous haute protection, rien ne le prouverait selon Marc Auray, délégué CGT du personnel du Vinatier. Au contraire. « On ne dispose pas d’un nombre suffisant de personnels et il ne me semble pas qu’on a déployé plus d’agents sur ce cas-là », déclare-t-il.

Et d’ajouter : « Sans parler des détenus, le centre n’a déjà pas les capacités d’aider les patients qui en ont le plus besoin. Certains sont obligés de quitter le Vinatier alors qu’ils auraient besoin de rester plus longtemps pour se soigner. »