Marseille: Des proxénètes prostituaient des jeunes Nigérianes après un rite vaudou

PROXENETISME Un important réseau de proxénétisme et traite d'être humain a été démantelé...

Mathilde Ceilles
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Des enquêteurs de la police judiciaire. Illustration.
Des enquêteurs de la police judiciaire. Illustration. — N. Pastor - Sipa

Ce mardi, quatorze personnes ont été interpellées pour leur implication dans un réseau marseillais de proxénétisme et de traite d’êtres humains. Après un an d’enquête, 140 enquêteurs de la police aux frontières, de la brigade de répression du proxénétisme de la PJ de Marseille, du groupement intervention régional et de l’office central pour la répression de la traite des êtres humains sont intervenus dans les quartiers Nord et le centre de Marseille, ainsi qu’à Nice, pour procéder à l’arrestation de six femmes et huit hommes entre 18 et 41 ans.

Tous Nigérians, ces individus sont accusés de proxénétisme aggravé, de traite des êtres humains, d’association de malfaiteurs et d’aide au séjour irrégulier en bande organisée. En effet, ces individus recrutaient des jeunes femmes âgées de 18 à 30 ans au Nigeria, après qu’elles ont pratiqué un rite vaudou appelé le ju-ju qui les contraint à l’obéissance totale.

Une vingtaine de victimes

Ils leur faisaient ensuite miroiter une vie meilleure en Europe et les faisaient arriver en France dans des conditions difficiles. Assurant le financement du voyage, ils faisaient passer ces femmes par la Libye puis l’Italie. Une fois arrivées à Marseille, ces jeunes Nigérianes étaient très encadrées, parfois par d’anciennes prostituées elles-mêmes dites « mamas ». L’une de ces mamas est âgée de 18 ans et actuellement enceinte.

Les jeunes Nigérianes nouvellement arrivées devaient se prostituer, dans les quartiers de Rabatau, Saint-Charles, Plombières et Réformés. Une vingtaine de prostituées avait été embrigadée dans ce réseau. Elles ont toutes été entendues par les enquêteurs et ont été redirigées vers des associations spécialisées. Le dossier est en cours d’instruction auprès de la juridiction interrégionale spécialisée.